Hao Qiu Zhuan/fr/Chapter 11

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Chapitre 11: 第十一回 热心肠放不下千里赴难

De: Hau Kiou-Choaan, ou l'Union bien assortie, roman chinois. Paris: Moutardier, 1828

Note: Texte numerise par OCR. Numeros de page conserves comme [p. N]. Comparez avec l'original chinois et la traduction anglaise de 1761.

Sections originales: Tome 3, CHAPITRE IV; Tome 3, CHAPITRE V


CHAPITRE IV (Tome 3)

Kwo-khé-tzu, voyant que le grand-visiteur, loin de favoriser son mariage, s'y opposait par la déclaration qu'il venait de donner et lui refusait une audience, ne savait quelle conduite tenir. Ne pouvant deviner la cause de cette froideur, il alla trouver le che-hien pour s'en informer. Lorsqu'il lui raconta la conduite du visiteur et l'ordre qu'il avait donné, ce mandarin parut surpris, et lui dit néanmoins : « C'est l'ouvrage de Shuey-ping-sin; elle a trouvé le moyen d'inspirer quelque crainte au visiteur. » Kwo-khé-tzu lui représenta qu'une jeune fille sans père, ni parents, ni amis, pour la conseiller, était incapable d'une telle audace. « Vous ne devez pas, reprit le che-hien, la regarder comme une fille d'un caractère ordinaire. Quoique jeune, elle a une C au-dessus de son sexe. Lorsque je lui portai le premier ordre, elle n'y fit aucune objection et le reçut même avec indifférence; lorsque je lui dis en partant que, vu l'importance de l'affaire, elle ne pouvait plus reculer, elle me répondit qu'elle ne changerait. point de sentiment, bien que le visiteur en changeât. Sa prédiction s'est accomplie si ponctuellement, que je ne doute pas un moment de lui attribuer ce changement. Vous pouvez d'ailleurs vous informer au tribunal même de la manière dont elle s'y est présentée. » Kwo-khé-tzu suivit son conseil et s'adressa aux officiers de l'audience, mais ils gardèrent un profond silence; car leur maître, qui ne voulait pas ébruiter cette affaire, leur avait expressément défendu de parler de la emoiselle qui s'était présentée, ni des ordres qu'il avait donnés pour apaiser son indignation. Il y avait déjà vingt jours que l'affaire était passée, lorsqu'un officier du visiteurviut dire à Kwo-khé-tzu que son maître désirait lui parler. Il obéit à ses ordres, et se présenta à l'audience. Le mandarin le reçut avec beaucoup de respect; et, l'ayant fait entrer dans son cabinet, il lui dit qu'il avait entièrement ignoré ce qui s'était passé entre lui et Shuey-ping-sin, et qu'il avait couru de grands dangers pour s'être immiscé dans cette affaire. Kwo-khé-tzu lui demanda d'un air surpris comment il pouvait arriver quelque peine à une personne de son rang, pour s'être mêlée d'un mariage entre des particuliers. Il poussa même la hardiesse jusqu'à lui représenter l'inconséquence de sa conduite : « Quia pu faire parler avec deux langues un homme de votre gravité et de votre office? N'est pas assez que vous parliez une fois? - Je regardais, répondit le manda- « -rin, Shuey-ping-sin comme une fille ordinaire, et je ne m'imaginais pas, lorsque je lui ordonnai de se marier, qu'elle pût me désobéir, ni encore moins qu'elle eût tant de capacité. Elle ne fit d'abord aucune objection à mon ordre, et parut même disposée à obéir; mais ensuite une requête à envoya elle l'empereur par un domestique affidé. Jugez par là de son esprit et de sa pénétration. « - Comment a-t-elle osé présenter une requête à l'empereur? Peut-être en vous parlant ainsi a-t-elle voulu vous effrayer? « — Elle l'a si bien envoyée, qu'elle est venue à mon audience, et m'en a montré la copie. -Pourquoi votre excellence ne l'at-elle point déchirée, et ne l'a-t-elle pas fait châtier? ((- Il y avait trois jours que la requête était partie; si je l'eusse condamnée, et que l'empereur m'eût écrit, que lui aurais-je répondu? Pour peu que je l'eusse traitée avec rigueur, elle se serait poignardée. J'ai donc jugé à propos de la calmer et de donner la déclaration que vous connaissez, afin de l'engager à rappeler son domestique. Depuis son retour seulement je me suis hasardé à vous parler. J'ai la requête, et je vous ai envoyé chercher pour vous. la montrer la voilà. » : Kwo-khé-tzu, l'ayant lue, fut étonné de sa hardiesse : « Voilà, dit-il, une requête bien insolente et bien hardie! Comment s'en tirera-t-elle ? Non, je ne la laisserai point en repos, et je supplie votre excellence de vouloir bien me seconder. « - Si je puis vous être utile dans toute autre occasion, dit le visiteur, vous devez compter sur moi, mais je ne me mêlerai plus de ce mariage; et si vous persistez dans votre résolution, vous vous attirerez beaucoup d'embarras; car cette fille paraît inébranlable. » : A ces mots Kwo-khé-tzu, interdit, prit congé du grand-visiteur, en paraissant disposé à suivre son avis; mais il résolut en lui-même de ne rien épargner pour venir à bout de ses premiers desseins. Il envoya chercher son ami Chun-kéé, lui fit voir la requête de la jeune demoiselle, et lui raconta tout ce qui s'était passé. : Voilà, lui dit son ami, une requête bien fière. Shuey-ping-sing ne vous reproche rien; elle allègue seulement l'absence de son père, le défaut de consentement de ses parents; elle se plaint de ce qu'on la force injustement à se marier dans ces circonstances je pense, entre nous, qu'elle a raison. N'usons donc plus de violence, et employons quelque autre moyen plus efficace. L'occasion ne saurait être plus favorable pour vous. Le mandarin son père est exilé, le vôtre est en place, et en crédit à la Cour; il ne s'agit que de lui envoyer quelqu'un pour l'instruire de ce qui se passe. Vous lui demanderez son consentement, et le prierez d'obtenir celui du père de la demoiselle. Celui-ci ne le refusera sûrement point dans la disgrâce où il se trouve; et lorsque vous l'aurez obtenu, ne craignez point que Shuey-ping-sin refuse de vous épouser. » Kwo-khé-tzu goûta son avis, et lui dit en riant : « Elle n'aura donc plus de moyens pour m'échapper une autre fois. Si j'écris à mon père, je ne pourrai lui raconter par écrit toutes les circonstances, et d'ailleurs je n'ai aucun domestique auquel je puisse me fier; si vous vouliez y aller vous-même, vous me rendriez un service important. "-Je le ferai aussi volontiers, lui dit son ami, que je vous souhaite le bonjour. » [p. 104] Aussitôt Kwo-khé-tzu écrivit une lettre à son père, la remit à Chun-kéé, lui fournit de quoi faire son voyage, et ordonna à un de ses domestiques de l'accompagner. Son ami partit incontinent.

CHAPITRE V (Tome 3)

Tieh-chung-u, étant arrivé à Tahming, ne pensait qu'aux charmes de l'aimable Shuey - pingsin, et aux services qu'elle lui avait rendus. Pour se conformer à ses conseils, il s'appliqua à l'étude du droit, il s'étudia à dompter ses passions, et ne songea plus qu'à se mettre en état de postuler un grade, et à se rendre fameux par son savoir. Comme il lisait un jour la gazette (1), il apprit que son père avait demandé à (1) La gazette impériale, publiée chaque jour à Péking, et répandue dans toutes les provinces, consiste en un cahier de soixante-dix à quatrevingts pages, et contient un détail de tout ce qui se passe dans ce vaste empire. C'est une collection des mémoires, des requêtes, etc., présentés à l'empereur, des réponses qu'il y a faites et des instructions qu'il a données. Voici un extrait des lettres des jésuites qui montrera au lecteur la manière dont elle est rédigée. Dans la gazette du 15 décembre 1727, qui était le troisième jour du second mois, on trouve, 1° les titres des mémoires présentés à la cour, et un abrégé des sujets sur lesquels ils roulent. Par exemple : Mémoire du vice-roi de Canton, concernant les magasins de riz qui ont besoin d'être renouvelés. Le mémoire du général des troupes chinoises dans la province de Chekiang, dans lequel il accuse un mandarin d'avoir exigé de l'argent de ses officiers subalternes, etc. On donne aussi l'empereur la permission de se démettre de sa charge, parce que ses infirmités " avis de vingt ou trente autres mémoires. 2º On y trouve les réponses que l'empereur a faites aux mémoires qui lui ont été présentés. S'il n'a point répondu, on lit ce qui suit : « Ce jour-ci, sa majesté n'a fait aucune réponse. » 3º Elle contient les instructions et les ordres que l'empereur a donnés, soit de son propre mouvement, ou en réponse aux articles qu'on lui a présentés; 4° les délibérations que les cours souveraines ont présentées à sa majesté pour en avoir la confirmation; enfin, quantité d'autres mémoires qui ont été adressés à l'empereur par les grands mandarins des provinces, tels que les vice-rois, les généraux des troupes tartares ou chinoises, et autres officiers du premier rang. On y insère tous les crimes punis de mort, les calamités publiques, et les mesures prises pour soulager les personnes qui ont souffert; les dépenses publiques et les remboursements, les lois nouvelles et les nouveaux règlements, les remontrances à l'empereur sur sa conduite et ses décisions; le jour où l'empereur offre des sacrifices, laboure, etc.; le jour où les grands l'empêchaient de l'exercer avec dignité. Cette nouvelle. l'alarma d'autant plus, mandarins doivent s'assembler pour recevoir leurs instructions; en un mot tout ce qui a rapport à l'administration publique. La gazette chinoise instruit les mandarins sur la manière dont ils doivent se conduire, et les contient dans leur devoir; on y trouve non seulement les noms et les demeures de tous les nouveaux mandarins, et de ceux auxquels ils ont succédé, mais encore les noms et les demeures de ceux qui ont été privés de leurs emplois, et les causes de leur destruction; par exemple, pour avoir été trop indulgents ou trop sévères; pour avoir dissipé les tributs qui sont dus à l'empereur; pour avoir opprimé les peuples; pour avoir manqué de talent. On y fait aussi mention des bastonnades, et des recompenses et des éloges de l'empereur. Par exemple, on lit, tel mandarin ne se comporte pas bien, s'il ne se corrige, je le. punirai. En un mot, qu'un mandarin soit accusé ou soupçonné, avancé ou dégradé, mis à l'amende ou cassé, on en donne aussitôt avis dans tout l'empire. Il est aisé de sentir l'utilité d'une pareille gaqu'il ne s'y attendait point. Il ordonna à son valet de seller son cheval, et de le suivre à la cour. Il rencontra près de Péking un homme monté sur une mule, et il reconnut aussitôt Shuey-yeong, le domestique affidé de sa belle hôtesse. Il lui demanda quelle affaire l'amenait, et où il allait. zette, et l'effet qu'elle produit sur les mandarins, surtout dans un empire aussi vaste, et chez un peuple aussi corrompu que les Chinois. Au reste on n'insère rien dans cette gazette que ce qui a été présenté à l'empereur, ou ce qui vient de sa part. Ceux qui en sont chargés n'oseraient y ajouter le moindre article ni hasarder la plus légère réflexion sans être punis corporellement. En 1726 deux personnes furent punies de mort pour avoir avancé une fausseté. (Voy. le P. Duhalde, vol. 1, page 259; les Lettres édifiantes XVIII, page 434, xix, page 265, etc. XXII, 190, etc., où l'on trouve plusieurs extraits curieux de cette gazette.) Shuey-yeong, l'ayant reconnu, mit aussitôt pied à terre, et lui dit : " Monsieur, je venais vous chercher, pour vous communiquer une affaire pressante. Quelle affaire pouvez-vous avoir avec moi? lui demanda Tieh-chunh-u d'un air surpris. Regarde-t-elle votre maître, ou votre demoiselle? «-- Celle-ci, lui répondit-il. » A ces mots sa surprise augmenta : « Expliquez-vous done? Kwo-khé-tzu l'a-t-il de nouveau inquiétée? -Vous avez deviné; il l'a tellement poussée à bout, qu'elle n'a pas trouvé d'autre remède que de m'envoyer à la cour porter cette requête. Comme elle m'a cru incapable de suivre une affaire de cette importance, elle m'a ordonné de vous chercher, et de vous prier de sa part de m'indiquer la manière dont je dois me conduire. «-Cela n'est pas difficile; mais comment Kwo-ké-tzu a-t-il agi avec votre maîtresse, pour l'obliger à faire une démarche aussi importante? » Shuey-yeong lui raconta en peu de mots que le grand-visiteur, étant arrivé dans la province, avait favorisé les intérêts de Kwo-ké-tzu, et qu'en conséquence il avait donné deux ordres pour forcer sa maîtresse à l'épouser : «Voyant qu'elle ne pouvait éviter ses poursuites, elle m'a envoyé porter cette requête, avec ordre de vous chercher; si vous avez besoin de quelque argent pour poursuivre cette affaire, j'en ai à votre disposition. » Tieh-chung-u, fàché de cette nouvelle, et surpris que le grand-visiteur eût osé commettre une pareille injustice, demanda son nom. Il s'appelle Fung - ying, répondit Shuey-yeong. : <«―Je le connais, et il s'est conduit de cette manière, et la requête de votre maîtresse est contre lui? Ne battez point le tambour je présenterai moi-même votre requête au maître des cérémonies de la cour, Tong-ching-su, qui la remettra à l'empereur. Lorsqu'elle sera confiée au secrétaire, je le mettrai si bien au fait de l'affaire, que la vérité paraîtra dans tout son jour, et que le visiteur sera déposé. (('- Si vous pouvez réussir, ce sera un grand bonheur pour ma maîtresse. Alors Tieh-chung-u remonta à cheval, et le vieux domestique sur sa mule. «Comme mon cheval, lui dit-il, va trop vite pour que vous puissiez me suivre, je m'en vais à l'audience de mon père, je donnerai ordre à Siow-tan de vous attendre à la porte; ne manquez pas de venir. » Tieh-chung-u doubla le pas, et trouva chez son père beaucoup de gens qui l'attendaient; ce qui lui fit juger que l'empereur ne lui avait point permis de se démettre de son emploi, et qu'en le conservant dans son poste, il avait voulu montrer la confiance qu'il avait en lui, et la satisfaction des services qu'il lui avait rendus. C'était en effet le motif qui engageait ses amis et ses clients à venir lui rendre visite. Tieh-chung-u mit pied à terre et alla rendre ses devoirs à ses parents; lorsqu'il apprit que sa conjecture était vraie, il ressentit une grande joie. Il avait ordonné à son domestique d'attendre Shuey - yeong, mais la nuit vint sans qu'il eût encore paru. Tieh-chung-u s'imagina que, n'ayant pu arriver de bonne heure dans la ville, il était entré dans quelque hôtellerie pour y passer la nuit. Le lendemain il envoya Siow-tan pour l'attendre, mais à midi Shuey-yeong n'avait point encore paru. Croyant qu'il avait été retenu par quelque domestique de sa connaissance, et qu'ayant fait part de son affaire, on lui avait conseillé de prendre une autre route, il fit appeler un officier de l'audience, et lui ordonna de s'informer de ce que ce domestique pouvait être devenu. Celui-ci alla au tribunal des requêtes, et demauda à ceux qui s'y trouvaient s'ils n'avaient point vu un domestique de la fille du mandarin Shuey-keu-ye. Personne ne répondit. Tieh-chung-u crut alors qu'il s'était peut-être présenté à la porte du palais où est le tambour; mais on vint lui dire qu'on ne l'avait pas vu. Il lui vint alors dans la pensée que le grand-visiteur lui avait fait tendre quelque embûche, et que peut-être même il était mort de fatigue. Non content de l'avoir fait chercher tout le jour, jusqu'à l'entrée de la nuit, il envoya le lendemain matin Siow-tan pour en savoir des nouvelles. Le sort de ce domestique l'inquiétait au point qu'il ne put fermer l'œil toute la nuit. Il se leva de très grand matin, et envoya des gens pour en apprendre des nouvelles ; mais après cinq jours de recherches on vint lui dire qu'on n'avait pu en avoir aucune. Il pensait que, lorsque la requête serait parvenue à l'empereur, on n'aurait plus rien à craindre du grand - visiteur; mais il craignait qu'elle ne lui fût point remise. « Ce mandarin, disait-il en lui-même, est très puissant; comment cette pauvre demoiselle pourra-t-elle résister à son autorité? Son père est absent, elle n'a ni parents ni amis pour la protéger. Tous les habitants de Tseé-nan sont dans les intérêts de son adversaire; et si je ne vais à son secours, personne ne prendra sa défense. Puisque je connais le malheur de sa position, il est de mon honneur de la protéger; et je serais plus lâche qu'une femme si je ne le faisais. » Cette résolution prise, il alla prendre congé de son père et de sa mère, et leur demanda la permission de continuer ses études. Pour voyager avec plus de promptitude, il laissa son cheval en arrière, loua une mule, et prit avec son valet la route de Shan-tong, se hâtant d'autant plus de s'y rendre, que l'absence de Shuey-yeong lui inspirait toute sorte de craintes pour Shuey-ping-sin. Or il était arrivé que, comme celui-ci était près de la ville, il avait rencontré l'exprès du grand - visiteur, qui l'avait engagé à retourner avec sa requête, parce que l'affaire de sa maîtresse était terminée, et que tout était en paix. Il lui avait même montré l'ordre de sa maîtresse alors Shuey-yeong avait obéi. Tieh-chung-u, ignorant cet événement faisait tout la diligence possible pour arriver à temps, résolu à quelque prix que ce fût de se venger du grand-visiteur. Il voulait aller tout droit à l'audience, et lui reprocher publiquement l'injustice qu'il avait commise. Mais, réfléchissant sur la dignité de ce mandarin, sur le poste qu'il occupait, et combien il se rendrait coupable en agissant ainsi, il modéra ses transports. « D'ailleurs, dit-il en lui-même, le bruit que je ferai viendra aux oreilles de Shuey-ping-sin; elle condamnera mon emportement, et aura d'autant plus raison de me mépriser, que sans faire tant de vacarme elle fait échouer tous les desseins de Kwo-khé-tzu par sa prudence et sa bonne conduite. » Il jugea donc qu'il valait mieux aller chez la demoiselle, et lui demander les deux ordres qu'on lui avait enjoint pour se marier. « Je les porterai à mon père, se dit-il, et je l'engagerai à présenter à l'empereur une requête en bonne et due forme, et nous verrons alors ce que le visiteur répondra. » Il pressa sa marche et arriva en peu de jours à la ville de Shan-tong.