Lu Xun Complete Works/fr/shizhong

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Mis en spectacle

示众 von/by/par Lu Xun (鲁迅)


[Six : Les mineurs]

A cause de la fumee, la piece devint gris-bleu et etouffante. Les bancs manquaient. Paysans et partisans se pressaient pele-mele, bouchant le passage, entasses a la porte, respirant dans le cou de Levinson.

'Commencons, Josef Abramovitch,' dit Lioubov mecontent. Il etait insatisfait de lui-meme et du commandant -- tout semblait desormais futile et penible.

Morotchka se faufila a la porte, le visage sinistre a cote de Toupov.

Levinson expliqua solennellement qu'il n'aurait pas arrete les paysans dans leur travail s'il n'y avait pas tant de locaux dans le detachement.

'Comme tous en decident, ainsi sera fait,' conclut-il lentement, adoptant la cadence des paysans. Il s'assit, se tourna et devint soudain un petit homme insignifiant -- laissant l'assemblee a elle-meme.

D'abord, beaucoup parlerent en meme temps, sans ordre. Puis la discussion s'echauffa : 'Autrefois, sous Nicolas, les garcons qui faisaient ca etaient battus a travers le village. Les objets voles etaient suspendus a leur cou et on les promenait en frappant des casseroles,' dit le vieux Ostafei aux cheveux blancs.

'Arrete avec ton Nicolas ! Les temps sont passes !' cria le borgne.

'Voler est mal, Nicolas ou pas,' insista le vieillard.

Apres un long debat : 'Qu'il parle lui-meme !' -- Morotchka s'avanca, trempe de sueur. 'Pour mes camarades, je donnerais ma derniere goutte de sang... et je devrais vous faire honte ?... Si je ne tiens pas parole -- fusillez-moi.'

'L'affaire est reglee,' dit Levinson. 'Question suivante : pendant le temps libre, ne pas chasser les chiens mais aider les paysans.'

'Das sage ich ja,' fuhr Gankharenko argwoehnisch fort (er glaubte, die Beschimpfung gelte ihm). 'Die Sache einfach fallen lassen geht nicht. Aber sofort verjagen auch nicht -- wir zerstoerten uns selbst. Mein Vorschlag: Fragt ihn selbst!'

'Richtig! Er soll reden! Wenn er bereut, wird er es sagen!'

Moroschenka blickte seitwaerts zu Lewinsson. 'Ja, ich habe... das getan...' murmelte er, fand aber keine Worte.

'Sprich! Sprich!' riefen sie ermutigend.

'Ja, ich habe... die Melonen... wenn ich gewusst haette... Fuer die Kameraden gaebe ich meinen letzten Tropfen Blut... und dann soll ich...' Ploetzlich zerbarst etwas in seiner Brust; er griff sich ans Herz; seine Augen glaenzten warm und feucht... 'Erschiesst mich, wenn ich mein Wort breche.'

'Gut, dein Leben!' sagte Tupow streng, aber in seinen Augen lag keine Wut mehr, nur liebevoller Spott.

'Fertig! Fertig!' riefen sie.

Lewinsson hob die Hand: 'Noch ein Punkt. Beschluss: In freier Zeit nicht Hunde jagen, sondern den Bauern helfen.' Er laechelte sanft.

'Das wollen wir nicht!' sagten einige Bauern. Andere: 'Lasst sie -- ihre Haende gehen nicht kaputt!'

'Schluss! Schluss!' Die Partisanen zogen laermend ab.

Ein strubbeliger Junge zog Moroschenka zur Tuer: 'Mein kleiner Schatz!' Draussen bellten Hunde, Maedchen sangen. Lewinsson und Baklanow gingen schnell vorbei. 'Tupow ist stark,' sagte der Adjutant aufgeregt. Lewinsson dachte an etwas anderes.

[Sept : Levinson]

Le detachement de Levinson n'avait rien fait pendant cinq semaines, cantonne sur place -- chevaux, chariots, provisions s'accumulaient. Les gens dormaient trop, meme en faction. Les rapports alarmants ne pouvaient mouvoir cette masse inerte. Mais quand il fut clair que les Japonais avaient quitte Krilovka et qu'aucun ennemi n'etait visible sur des centaines de verstes, il rit de sa propre prudence.

Mais a part Stetsinski, personne ne connaissait les hesitations de Levinson. Il ne partageait ses pensees avec personne, repondant seulement par 'Oui' ou 'Non.' Ainsi paraissait-il a tous comme un homme particulierement juste -- surtout au jeune Bakranov qui l'imitait en tout.

Depuis l'election de Levinson comme commandant, personne ne pouvait l'imaginer dans un autre role. S'il avait raconte comment, enfant, il aidait son pere a vendre de la brocante, que son pere voulait s'enrichir jusqu'a sa mort mais craignait les souris et jouait mal du violon -- tous auraient cru a une plaisanterie. Mais Levinson ne racontait jamais ces choses.

... Par une nuit humide d'aout, un courrier arriva au galop : le vieux Chokhovi-Kovdoun rapportait la defaite d'Anoutchino, cent morts, neuf balles dans son propre corps. Levinson passa quatre jours a rassembler les rapports epars. A minuit il envoya des cavaliers dans trois directions.

Exterieurement calme, mais son cerveau travaillait a haute tension. 'Ce n'est pas pour des tetes de linotte,' dit-il au courageux Kich quand celui-ci demanda.

'Medjeritza? Ach -- ja, ein guter Kerl!' stimmte Lewinsson zu. 'Aber Vorsicht -- keine Ueberheblichkeit...'

Durch eine geschickte Debatte, in der sich jeder fuer ueberlegen hielt, ersetzte Lewinsson Medjerzas Plan durch seinen eigenen, einfacheren und vorsichtigeren. Er machte es so geschickt, dass sein Vorschlag als Medjerzas abgestimmt wurde.

In seiner Antwort an die Stadt und Stezinski kuendigte Lewinsson den Umzug nach Schipitschi an. Er beendete seine Arbeit spaet in der Nacht; die Lampe war leer. Feuchtigkeit und der Geruch fauler Blaetter kamen durchs offene Fenster. Er erinnerte sich an den Brief seiner Frau: nichts Neues, nichts Froehliches. Sie fand keine Arbeit, lebte vom 'Roten Kreuz der Arbeiter,' die Kinder hatten Skorbut. Jede Zeile war voll Sorge um ihn. Er schrieb zwei Seiten mit Worten, die niemand Lewinsson zugetraut haette.

Dann ging er zum Stall. Pferde stampften. Die Wache schlief unter dem Zelt. 'Wenn die anderen auch schlafen?' dachte er. Er nahm die Muetze, versteckte sie im Heu und ging inspizieren.

Am Zaun: 'Wer da?' -- 'Kamerad.' -- 'Lewinsson? Warum nachts unterwegs?' Er ueberquerte die Furt. Der Mond beschien die Buesche. Reiter naeherten sich -- eine Patrouille.

'Woher?' -- 'Assogins Spaeher... Die Japaner sind in Marjenowka.' -- 'In Marjenowka?' Lewinsson erschrak. Das Treffen mit Assogin bestaetigte seinen Entschluss: verschwinden, so schnell wie moeglich fort. Bei Tagesanbruch kehrte er zurueck, erschoepft, mit blutunterlaufenen Augen.


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