Lu Xun Complete Works/zh-fr/Gou mao shu

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Dogs, Cats and Mice (狗·猫·鼠)

Lu Xun (鲁迅, Lǔ Xùn, 1881–1936)


中文(原文) Français

  從去年起,仿佛聽得有人說我是仇貓的。那根據自然是在我的那一篇《兔和貓》;這是自畫招供,當然無話可說,——但倒也毫不介意。一到今年,我可很有點擔心了。我是常不免於弄弄筆墨的,寫了下來,印了出去,對於有些人似乎總是搔著癢處的時候少,碰著痛處的時候多。萬一不謹,甚而至於得罪了名人或名教授,或者更甚而至於得罪了“負有指導青年責任的前輩”之流,可就危險已極。為什麽呢?因為這些大腳色是“不好惹”的。怎地“不好惹”呢?就是怕要渾身發熱之後,做一封信登在報紙上,廣告道:“看哪!狗不是仇貓的麽?魯迅先生卻自己承認是仇貓的,而他還說要打‘落水狗’!”這“邏輯”的奧義,即在用我的話,來證明我倒是狗,於是而凡有言說,全都根本推翻,即使我說二二得四,三三見九,也沒有一字不錯。這些既然都錯,則紳士口頭的二二得七,三三見千等等,自然就不錯了。

  我於是就間或留心著查考它們成仇的“動機”。這也並非敢妄學現下的學者以動機來褒貶作品的那些時髦,不過想給自己預先洗刷洗刷。據我想,這在動物心理學家,是用不著費什麽力氣的,可惜我沒有這學問。後來,在覃哈特博士(Dr.O.Dähmhardt)的《自然史底國民童話》裏,總算發見了那原因了。據說,是這麽一回事:動物們因為要商議要事,開了一個會議,鳥、魚、獸都齊集了,單是缺了象。大家議定,派夥計去迎接它,拈到了當這差使的鬮的就是狗。“我怎麽找到那象呢?我沒有見過它,也和它不認識。”它問。“那容易,”大眾說,“它是駝背的。”狗去了,遇見一匹貓,立刻弓起脊梁來,它便招待,同行,將弓著脊梁的貓介紹給大家道:“象在這裏!”但是大家都嗤笑它了。從此以後,狗和貓便成了仇家。

  日爾曼人走出森林雖然還不很久,學術文藝卻已經很可觀,便是書籍的裝潢,玩具的工致,也無不令人心愛。獨有這一篇童話卻實在不漂亮;結怨也結得沒有意思。貓的弓起脊梁,並不是希圖冒充,故意擺架子的,其咎卻在狗的自己沒眼力。然而原因也總可以算作一個原因。我的仇貓,是和這大大兩樣的。

  其實人禽之辨,本不必這樣嚴。在動物界,雖然並不如古人所幻想的那樣舒適自由,可是嚕囌做作的事總比人間少。它們適性任情,對就對,錯就錯,不說一句分辯話。蟲蛆也許是不乾淨的,但它們並沒有自鳴清高;鷙禽猛獸以較弱的動物為餌,不妨說是兇殘的罷,但它們從來就沒有豎過“公理”“正義”的旗子,使犧牲者直到被吃的時候為止,還是一味佩服贊嘆它們。人呢,能直立了,自然是一大進步;能說話了,自然又是一大進步;能寫字作文了,自然又是一大進步。然而也就墮落,因為那時也開始了說空話。說空話尚無不可,甚至於連自己也不知道說著違心之論,則對於只能嗥叫的動物,實在免不得“顏厚有忸怩”。假使真有一位一視同仁的造物主,高高在上,那麽,對於人類的這些小聰明,也許倒以為多事,正如我們在萬生園裏,看見猴子翻筋鬥,母象請安,雖然往往破顏一笑,但同時也覺得不舒服,甚至於感到悲哀,以為這些多余的聰明,倒不如沒有的好罷。然而,既經為人,便也只好“黨同伐異”,學著人們的說話,隨俗來談一談,——辯一辯了。

  現在說起我仇貓的原因來,自己覺得是理由充足,而且光明正大的。一、它的性情就和別的猛獸不同,凡捕食雀、鼠,總不肯一口咬死,定要盡情玩弄,放走,又捉住,捉住,又放走,直待自己玩厭了,這才吃下去,頗與人們的幸災樂禍,慢慢地折磨弱者的壞脾氣相同。二、它不是和獅虎同族的麽?可是有這麽一副媚態!但這也許是限於天分之故罷,假使它的身材比現在大十倍,那就真不知道它所取的是怎麽一種態度。然而,這些口實,仿佛又是現在提起筆來的時候添出來的,雖然也像是當時湧上心來的理由。要說得可靠一點,或者倒不如說不過因為它們配合時候的嗥叫,手續竟有這麽繁重,鬧得別人心煩,尤其是夜間要看書,睡覺的時候。當這些時候,我便要用長竹竿去攻擊它們。狗們在大道上配合時,常有閑漢拿了木棍痛打;我曾見大勃呂該爾(P.Bruegel d.Ä)的一張銅版畫Allegorie der Wollust上,也畫著這回事,可見這樣的舉動,是中外古今一致的。自從那執拗的奧國學者弗羅特(S.Freud)提倡了精神分析說——Psychoanalysis,聽說章士釗先生是譯作“心解”的,雖然簡古,可是實在難解得很——以來,我們的名人名教授也頗有隱隱約約,檢來應用的了,這些事便不免又要歸宿到性欲上去。打狗的事我不管,至於我的打貓,卻只因為它們嚷嚷,此外並無惡意,我自信我的嫉妒心還沒有這麽博大,當現下“動輒獲咎”之秋,這是不可不預先聲明的。例如人們當配合之前,也很有些手續,新的是寫情書,少則一束,多則一捆;舊的是什麽“問名”“納采”,磕頭作揖,去年海昌蔣氏在北京舉行婚禮,拜來拜去,就十足拜了三天,還印有一本紅面子的《婚禮節文》,《序論》裏大發議論道:“平心論之,既名為禮,當必繁重。專圖簡易,何用禮為?……然則世之有志於禮者,可以興矣!不可退居於禮所不下之庶人矣!”然而我毫不生氣,這是因為無須我到場;因此也可見我的仇貓,理由實在簡簡單單,只為了它們在我的耳朵邊盡嚷的緣故。人們的各種禮式,局外人可以不見不聞,我就滿不管,但如果當我正要看書或睡覺的時候,有人來勒令朗誦情書,奉陪作揖,那是為自衛起見,還要用長竹竿來抵禦的。還有,平素不大交往的人,忽而寄給我一個紅帖子,上面印著“為舍妹出閣”,“小兒完姻”,“敬請觀禮”或“闔第光臨”這些含有“陰險的暗示”的句子,使我不化錢便總覺得有些過意不去的,我也不十分高興。

  但是,這都是近時的話。再一回憶,我的仇貓卻遠在能夠說出這些理由之前,也許是還在十歲上下的時候了。至今還分明記得,那原因是極其簡單的:只因為它吃老鼠,——吃了我飼養著的可愛的小小的隱鼠。

  聽說西洋是不很喜歡黑貓的,不知道可確;但Edgar Allan Poe的小說裏的黑貓,卻實在有點駭人。日本的貓善於成精,傳說中的“貓婆”,那食人的慘酷確是更可怕。中國古時候雖然曾有“貓鬼”,近來卻很少聽到貓的興妖作怪,似乎古法已經失傳,老實起來了。只是我在童年,總覺得它有點妖氣,沒有什麽好感。那是一個我的幼時的夏夜,我躺在一株大桂樹下的小板桌上乘涼,祖母搖著芭蕉扇坐在桌旁,給我猜謎,講故事。忽然,桂樹上沙沙地有趾爪的爬搔聲,一對閃閃的眼睛在暗中隨聲而下,使我吃驚,也將祖母講著的話打斷,另講貓的故事了——

  “你知道麽?貓是老虎的先生。”她說。“小孩子怎麽會知道呢,貓是老虎的師父。老虎本來是什麽也不會的,就投到貓的門下來。貓就教給它撲的方法,捉的方法,吃的方法,像自己的捉老鼠一樣。這些教完了;老虎想,本領都學到了,誰也比不過它了,只有老師的貓還比自己強,要是殺掉貓,自己便是最強的腳色了。它打定主意,就上前去撲貓。貓是早知道它的來意的,一跳,便上了樹,老虎卻只能眼睜睜地在樹下蹲著。它還沒有將一切本領傳授完,還沒有教給它上樹。”

  這是僥幸的,我想,幸而老虎很性急,否則從桂樹上就會爬下一匹老虎來。然而究竟很怕人,我要進屋子裏睡覺去了。夜色更加黯然;桂葉瑟瑟地作響,微風也吹動了,想來草席定已微涼,躺著也不至於煩得翻來覆去了。

  幾百年的老屋中的豆油燈的微光下,是老鼠跳梁的世界,飄忽地走著,吱吱地叫著,那態度往往比“名人名教授”還軒昂。貓是飼養著的,然而吃飯不管事。祖母她們雖然常恨鼠子們嚙破了箱櫃,偷吃了東西,我卻以為這也算不得什麽大罪,也和我不相干,況且這類壞事大概是大個子的老鼠做的,決不能誣陷到我所愛的小鼠身上去。這類小鼠大抵在地上走動,只有拇指那麽大,也不很畏懼人,我們那裏叫它“隱鼠”,與專住在屋上的偉大者是兩種。我的床前就帖著兩張花紙,一是“八戒招贅”,滿紙長嘴大耳,我以為不甚雅觀;別的一張“老鼠成親”卻可愛,自新郎、新婦以至儐相、賓客、執事,沒有一個不是尖腮細腿,像煞讀書人的,但穿的都是紅衫綠褲。我想,能舉辦這樣大儀式的,一定只有我所喜歡的那些隱鼠。現在是粗俗了,在路上遇見人類的迎娶儀仗,也不過當作性交的廣告看,不甚留心;但那時的想看“老鼠成親”的儀式,卻極其神往,即使像海昌蔣氏似的連拜三夜,怕也未必會看得心煩。正月十四的夜,是我不肯輕易便睡,等候它們的儀仗從床下出來的夜。然而仍然只看見幾個光著身子的隱鼠在地面遊行,不像正在辦著喜事。直到我熬不住了,怏怏睡去,一睜眼卻已經天明,到了燈節了。也許鼠族的婚儀,不但不分請帖,來收羅賀禮,雖是真的“觀禮”,也絕對不歡迎的罷,我想,這是它們向來的習慣,無法抗議的。

  老鼠的大敵其實並不是貓。春後,你聽到它“咋!咋咋咋咋!”地叫著,大家稱為“老鼠數銅錢”的,便知道它的可怕的屠伯已經光降了。這聲音是表現絕望的驚恐的,雖然遇見貓,還不至於這樣叫。貓自然也可怕,但老鼠只要竄進一個小洞去,它也就奈何不得,逃命的機會還很多。獨有那可怕的屠伯——蛇,身體是細長的,圓徑和鼠子差不多,凡鼠子能到的地方,它也能到,追逐的時間也格外長,而且萬難幸免,當“數錢”的時候,大概是已經沒有第二步辦法的了。

  有一回,我就聽得一間空屋裏有著這種“數錢”的聲音,推門進去,一條蛇伏在橫梁上,看地上,躺著一匹隱鼠,口角流血,但兩脅還是一起一落的。取來給躺在一個紙盒子裏,大半天,竟醒過來了,漸漸地能夠飲食,行走,到第二日,似乎就復了原,但是不逃走。放在地上,也時時跑到人面前來,而且緣腿而上,一直爬到膝髁。給放在飯桌上,便檢吃些菜渣,舐舐碗沿;放在我的書桌上,則從容地遊行,看見硯臺便舐吃了研著的墨汁。這使我非常驚喜了。我聽父親說過的,中國有一種墨猴,只有拇指一般大,全身的毛是漆黑而且發亮的。它睡在筆筒裏,一聽到磨墨,便跳出來,等著,等到人寫完字,套上筆,就舔盡了硯上的余墨,仍舊跳進筆筒裏去了。我就極願意有這樣的一個墨猴,可是得不到;問那裏有,那裏買的呢,誰也不知道。“慰情聊勝無”,這隱鼠總可以算是我的墨猴了罷,雖然它舐吃墨汁,並不一定肯等到我寫完字。

  現在已經記不分明,這樣地大約有一兩月;有一天,我忽然感到寂寞了,真所謂“若有所失”。我的隱鼠,是常在眼前遊行的,或桌上,或地上。而這一日卻大半天沒有見,大家吃午飯了,也不見它走出來,平時,是一定出現的。我再等著,再等它一半天,然而仍然沒有見。

  長媽媽,一個一向帶領著我的女工,也許是以為我等得太苦了罷,輕輕地來告訴我一句話。這即刻使我憤怒而且悲哀,決心和貓們為敵。她說:隱鼠是昨天晚上被貓吃去了!

  當我失掉了所愛的,心中有著空虛時,我要充填以報仇的惡念!

  我的報仇,就從家裏飼養著的一匹花貓起手,逐漸推廣,至於凡所遇見的諸貓。最先不過是追趕,襲擊;後來卻愈加巧妙了,能飛石擊中它們的頭,或誘入空屋裏面,打得它垂頭喪氣。這作戰繼續得頗長久,此後似乎貓都不來近我了。但對於它們縱使怎樣戰勝,大約也算不得一個英雄;況且中國畢生和貓打仗的人也未必多,所以一切韜略、戰績,還是全部省略了罷。

  但許多天之後,也許是已經經過了大半年,我竟偶然得到一個意外的消息:那隱鼠其實並非被貓所害,倒是它緣著長媽媽的腿要爬上去,被她一腳踏死了。

  這確是先前所沒有料想到的。現在我已經記不清當時是怎樣一個感想,但和貓的感情卻終於沒有融和;到了北京,還因為它傷害了兔的兒女們,便舊隙夾新嫌,使出更辣的辣手。“仇貓”的話柄,也從此傳揚開來。然而在現在,這些早已是過去的事了,我已經改變態度,對貓頗為客氣,倘其萬不得已,則趕走而已,決不打傷它們,更何況殺害。這是我近幾年的進步。經驗既多,一旦大悟,知道貓的偷魚肉,拖小雞,深夜大叫,人們自然十之九是憎惡的,而這憎惡是在貓身上。假如我出而為人們驅除這憎惡,打傷或殺害了它,它便立刻變為可憐,那憎惡倒移在我身上了。所以,目下的辦法,是凡遇貓們搗亂,至於有人討厭時,我便站出去,在門口大聲叱曰:“噓!滾!”小小平靜,即回書房,這樣,就長保著禦侮保家的資格。其實這方法,中國的官兵就常在實做的,他們總不肯掃清土匪或撲滅敵人,因為這麽一來,就要不被重視,甚至於因失其用處而被裁汰。我想,如果能將這方法推廣應用,我大概也總可望成為所謂“指導青年”的“前輩”的罷,但現下也還未決心實踐,正在研究而且推敲。

一九二六年二月二十一日。

Depuis l'an passé, il me semble avoir entendu dire que je suis un ennemi des chats. La preuve en est naturellement mon essai « Les Lapins et les Chats » — un aveu spontané contre lequel il n'y a rien à dire — mais cela m'était parfaitement indifférent. Cette année, cependant, je suis devenu quelque peu inquiet. Je suis de ceux qui ne peuvent s'empêcher de manier la plume de temps à autre ; j'écris des choses, je les envoie à l'impression, et pour certaines personnes il semble que je gratte là où cela démange moins souvent que je ne touche là où cela fait mal. Si, par la moindre imprudence, je venais à offenser quelque personnage célèbre ou quelque éminent professeur, ou pire encore, l'un de ces « aînés chargés de la responsabilité de guider la jeunesse », je serais en danger extrême. Pourquoi ? Parce que ces grands personnages sont « à ne pas provoquer ». Comment « à ne pas provoquer » ? Je crains qu'après s'être échauffés de tout leur corps, ils n'écrivent une lettre qu'ils publieraient dans le journal, proclamant : « Voyez donc ! Le chien n'est-il pas l'ennemi du chat ? Or M. Lu Xun avoue lui-même être un ennemi des chats, et il parle encore de frapper "les chiens tombés à l'eau" ! » La signification profonde de cette « logique » consiste à utiliser mes propres paroles pour prouver que je suis en fait un chien, de sorte que toutes mes déclarations sont fondamentalement réfutées — même si je dis que deux fois deux font quatre ou que trois fois trois font neuf, pas un seul mot ne serait juste. Puisque tout cela est faux, les proclamations du gentleman selon lesquelles deux fois deux font sept ou trois fois trois font mille, et ainsi de suite, seraient naturellement correctes.

Je me suis donc mis, de temps en temps, à examiner les « motifs » de leur inimitié. Ce n'était pas une tentative d'imiter présomptueusement la mode actuelle des savants qui jugent les œuvres d'après leurs motifs ; je voulais simplement me disculper par avance. À mon avis, cela ne coûterait guère d'effort à un psychologue animalier, mais malheureusement je ne possède pas cette science. Plus tard, dans les *Natursagen* du Dr O. Dahnhardt, je découvris enfin la raison. La voici : les animaux, ayant d'importantes affaires à discuter, convoquèrent une assemblée. Oiseaux, poissons et bêtes s'y rendirent tous — seul l'éléphant manquait. On décida d'envoyer un messager pour l'accueillir, et le sort tomba sur le chien. « Comment trouverai-je l'éléphant ? Je ne l'ai jamais vu et ne le connais pas », demanda le chien. « C'est facile », dirent tous les autres. « Il a le dos voûté. » Le chien s'en alla et rencontra un chat qui venait d'arquer le dos. Il l'escorta et présenta à l'assemblée le chat au dos arqué : « Voici l'éléphant ! » Mais tous éclatèrent de rire. Depuis lors, chiens et chats sont ennemis.

Bien que les peuples germaniques ne soient pas sortis de leurs forêts depuis très longtemps, leur science et leur littérature sont déjà fort remarquables, et même les reliures de leurs livres et la facture ingénieuse de leurs jouets sont toutes ravissantes. Seul ce conte en particulier n'est vraiment pas très joli ; et la rancune s'y forme d'une manière assez dépourvue de sens. Le chat arque le dos non par prétention ni par pose délibérée — la faute incombe entièrement au manque de discernement du chien. Néanmoins, une raison peut toujours compter comme une raison, j'imagine. Ma haine des chats, elle, est d'une tout autre nature.

En vérité, il n'est point besoin de tracer une ligne si nette entre l'homme et l'animal. Dans le règne animal, bien que les choses n'y soient pas aussi confortables et libres que les Anciens se l'imaginaient, il y a certainement moins de simagrées et de faux-semblants que dans le monde des hommes. Les animaux suivent leur nature et agissent selon leurs sentiments : le juste est juste et l'injuste est injuste, et ils ne prononcent jamais un seul mot de justification. Les asticots sont peut-être impurs, mais ils ne proclament jamais leur propre pureté ; les rapaces et les fauves prennent les animaux plus faibles pour nourriture — on peut les appeler cruels —, mais ils n'ont jamais brandi la bannière de la « justice » ou du « droit », amenant leurs victimes à les admirer et à les louer jusqu'au moment d'être dévorées. L'être humain, lui — la faculté de se tenir debout fut certes un grand progrès ; la faculté de parler fut certes un autre grand progrès ; la faculté d'écrire des essais fut certes encore un autre grand progrès. Mais avec cela vint aussi le déclin, car c'est alors que commencèrent les paroles creuses. Prononcer des paroles creuses peut encore être pardonnable, mais lorsqu'on ne se rend même pas compte que l'on parle contre ses propres convictions, alors, comparé aux animaux qui ne peuvent que hurler, on ne peut vraiment s'empêcher d'éprouver une « honte sur un front pourtant épais ». S'il existait véritablement un Créateur impartial là-haut, il regarderait peut-être ces petites ruses humaines comme superflues — de même que nous, en voyant les singes faire des cabrioles et les éléphants faire la révérence au zoo, nous pouvons bien sourire, mais en même temps éprouver un malaise, voire une tristesse, en pensant qu'il eût mieux valu qu'ils ne possèdent pas cette intelligence superflue. Cependant, puisqu'on est déjà devenu homme, autant « s'allier aux semblables et combattre les différents », apprendre à parler comme les hommes, et suivre l'usage pour bavarder un peu — ou débattre.

Maintenant, quand j'expose les raisons de ma haine des chats, je les trouve parfaitement suffisantes et tout à fait honorables. Premièrement, le tempérament du chat diffère de celui des autres prédateurs : chaque fois qu'il attrape un moineau ou une souris, il n'est jamais disposé à le tuer d'un coup de dents, mais doit jouer avec à son gré — le lâcher, le rattraper, le rattraper, le lâcher — jusqu'à s'être lassé du jeu, et c'est seulement alors qu'il le mange. Cela ressemble fort à la vilaine habitude humaine de se réjouir du malheur d'autrui et de tourmenter lentement les faibles. Deuxièmement : n'appartient-il pas à la même famille que le lion et le tigre ? Et pourtant — quelles manières obséquieuses ! Mais peut-être n'est-ce qu'une question de talent naturel — si son corps était dix fois plus grand qu'à présent, on ne saurait vraiment quelle attitude il adopterait. Toutefois, ces griefs semblent avoir été ajoutés à l'instant même où je prends la plume, bien qu'ils paraissent aussi être des raisons qui me vinrent à l'esprit sur le moment. Pour être plus fiable, je devrais peut-être simplement dire que c'était à cause des hurlements qu'ils poussent lors de l'accouplement — des procédures si compliquées ! — dérangeant tout le monde, surtout quand on essaie de lire ou de dormir la nuit. En de tels moments, je prenais une longue perche de bambou pour les attaquer. Quand les chiens s'accouplent dans la rue, les badauds les frappent souvent à coups de bâton ; j'ai vu une gravure sur cuivre de Pieter Bruegel l'Ancien, *Allegorie der Wollust*, qui représente aussi cette scène, ce qui montre qu'un tel comportement est universel à travers les temps et les lieux. Depuis que cet obstiné savant autrichien Sigmund Freud a propagé la psychanalyse — que M. Zhang Shizhao a traduite, dit-on, par « analyse du cœur », concis et archaïque, mais véritablement difficile à comprendre —, nos propres personnages célèbres et éminents professeurs ont aussi commencé à l'invoquer d'une manière vague, et de telles affaires finissent inévitablement par être attribuées au désir sexuel. Le fait de battre les chiens ne me concerne pas ; quant à mes attaques contre les chats, elles étaient uniquement dues au bruit, sans aucune malveillance. J'ai confiance que ma jalousie n'a pas encore atteint de telles proportions, et en ces temps où « le moindre geste attire le blâme », cela doit être déclaré par avance. Par exemple, les humains ont aussi des procédures assez compliquées avant l'accouplement : la manière moderne est d'écrire des lettres d'amour, une liasse au minimum, un ballot au maximum ; l'ancienne manière comportait l'« enquête du nom » et l'« offre des présents de fiançailles », avec génuflexions et révérences. L'année dernière, la famille Jiang de Haichang célébra un mariage à Pékin, s'inclinant sans cesse pendant trois jours entiers, et fit même imprimer un volume relié de rouge du *Protocole de cérémonie nuptiale*, dont la préface déclarait longuement : « Considérée impartialement, puisqu'elle s'appelle cérémonie, elle doit naturellement être élaborée. Si l'on ne vise que la simplicité, à quoi bon la cérémonie ? ... Que ceux donc qui, dans le monde, aspirent à la cérémonie, se lèvent ! Qu'ils ne se retirent point au rang des gens du commun, jusqu'auxquels la cérémonie ne s'abaisse pas ! » Or je n'éprouvai pas le moindre agacement — car ma présence n'était pas requise. Cela montre aussi que ma rancune envers les chats a vraiment la raison la plus simple qui soit : uniquement parce qu'ils insistent à miauler à mes oreilles. Les diverses cérémonies des autres, un étranger peut les ignorer, et elles me sont totalement indifférentes ; mais si quelqu'un venait m'ordonner de réciter des lettres d'amour ou de l'accompagner dans des révérences juste au moment où je veux lire ou dormir, alors en légitime défense il me faudrait encore résister avec la longue perche de bambou. De plus, quand des connaissances que je fréquente peu m'envoient soudain un carton d'invitation rouge où est imprimé « à l'occasion du mariage de mon humble sœur » ou « pour les noces de mon fils », « votre estimée présence est sollicitée » ou « tout votre foyer est le bienvenu » — des phrases contenant des « allusions insidieuses » qui me donnent mauvaise conscience si je ne dépense pas d'argent —, je ne suis pas non plus particulièrement réjoui.

Mais tout cela, ce sont des paroles récentes. En remontant plus loin, ma haine des chats a commencé bien avant que je pusse formuler ces raisons — peut-être quand j'avais une dizaine d'années. Je m'en souviens encore distinctement : la raison en était extrêmement simple. C'était uniquement parce qu'il mangeait des souris — il avait mangé l'adorable petite « souris cachée » que j'élevais.

On me dit qu'en Occident on n'aime guère les chats noirs, mais je ne sais si c'est vrai ; toutefois le chat noir dans la nouvelle d'Edgar Allan Poe est effectivement assez effrayant. Les chats japonais excellent à devenir des esprits, et la « Sorcière-chatte » de la légende, qui dévore les humains, est encore plus terrifiante dans sa cruauté. Dans la Chine ancienne, il y eut jadis des « fantômes-chats », mais récemment on entend rarement parler de chats qui font des sortilèges — les anciens arts semblent s'être perdus, et les chats sont devenus honnêtes. Mais dans mon enfance, j'ai toujours senti quelque chose d'inquiétant en eux, et ne les aimais pas du tout. C'était une nuit d'été de ma petite enfance : j'étais allongé sur une petite table de planches sous un grand osmanthus pour prendre le frais. Ma grand-mère était assise à côté de la table, s'éventant avec un éventail en feuille de palmier, me proposant des devinettes et me racontant des histoires. Soudain, du haut de l'osmanthus, retentit le grattement de griffes sur l'écorce, et une paire d'yeux luisants descendit à travers l'obscurité avec le bruit, me faisant sursauter et interrompant l'histoire de ma grand-mère. Elle se mit à raconter des histoires de chats à la place —

« Sais-tu ? Le chat fut le maître du tigre », dit-elle. « Comment un petit enfant le saurait-il — le chat fut le maître du tigre. Le tigre ne savait rien du tout à l'origine et se mit à l'école du chat. Le chat lui enseigna l'art de bondir, l'art d'attraper, l'art de manger — exactement comme il attrape lui-même les souris. Quand tout cela fut enseigné, le tigre pensa : j'ai appris toutes les techniques maintenant ; personne ne peut me surpasser ; seul mon maître le chat est encore plus fort que moi. Si je tue le chat, je serai le plus puissant de tous. Sa décision prise, il bondit sur le chat. Mais le chat avait deviné depuis longtemps son intention. D'un bond, il fut en haut de l'arbre, et le tigre ne put que rester accroupi en bas, à regarder impuissamment. Le chat n'avait pas encore transmis toutes ses techniques — il n'avait pas encore appris au tigre à grimper aux arbres. »

Quelle chance, pensai-je — heureusement que le tigre était si impatient, sinon un tigre aurait pu descendre de l'osmanthus. Mais c'était quand même effrayant, et je voulus rentrer pour dormir. La nuit s'assombrissait ; les feuilles d'osmanthus bruissaient dans la brise naissante. La natte de couchage devait s'être refroidie maintenant, et je ne me retournerais plus sans cesse.

Dans la faible lueur de la lampe à huile de soja d'une maison vieille de plusieurs siècles, c'était le monde des souris gambadantes — filant de-ci de-là, couinant — souvent avec une allure plus imposante encore que celle des « personnages célèbres et éminents professeurs ». Un chat était gardé dans la maison, mais il mangeait à sa faim et ne se souciait de rien. Bien que ma grand-mère et les autres se fâchassent souvent de ce que les souris rongeaient coffres et armoires et volaient la nourriture, je ne trouvais pas ces méfaits bien graves, et ils ne me concernaient pas non plus. D'ailleurs, ces vilaines actions étaient très probablement commises par les grosses souris, et l'on ne pouvait pas en accuser faussement les petites souris que j'aimais. Ces petites souris couraient généralement au ras du sol, n'étaient pas plus grandes qu'un pouce et ne craignaient guère les humains. Chez nous, on les appelait « souris cachées », une espèce différente des grandes qui vivaient exclusivement dans la charpente. Au mur près de mon lit étaient collées deux estampes coloriées : l'une était « Bajie prend épouse », toute en longs groins et grandes oreilles, que je ne trouvais guère élégante ; l'autre, « Le Mariage des souris », était ravissante — du marié et de la mariée aux garçons d'honneur, invités et serviteurs, chacun avait un museau pointu et des pattes fines, ressemblant exactement à des lettrés, et pourtant tous portaient des vestes rouges et des pantalons verts. Je pensais que seules les souris cachées que j'aimais pouvaient organiser une si grandiose cérémonie. Maintenant je suis devenu plus grossier, et quand je croise un cortège nuptial dans la rue, je le considère simplement comme une réclame pour les rapports sexuels et n'y prête guère attention. Mais en ce temps-là, mon désir d'assister à la cérémonie du « Mariage des souris » était immense — même si, comme la famille Jiang de Haichang, ils s'inclinaient trois nuits d'affilée, je doute que je m'en serais lassé. La nuit du quatorzième du premier mois était la nuit où je refusais de m'endormir, attendant que leur cortège émerge de sous mon lit. Mais tout ce que je vis jamais, ce furent quelques souris cachées nues défilant sur le sol, sans aucun signe de festivités nuptiales. Quand je ne pus tenir davantage et m'endormis d'un air maussade, il faisait déjà jour à mon réveil — la fête des Lanternes était arrivée. Peut-être le peuple des souris, dans ses cérémonies nuptiales, non seulement n'envoie-t-il pas de cartons d'invitation et ne collecte-t-il pas de cadeaux de félicitations, mais n'accueille-t-il absolument pas les « spectateurs » véritables, pensai-je. C'est leur coutume immémoriale, contre laquelle il n'est point de recours.

Le plus grand ennemi de la souris n'est en fait pas le chat. Au printemps, quand on l'entend crier « Tcha ! Tcha-tcha-tcha-tcha ! » — ce que tout le monde appelle « la souris compte ses sous » —, on sait que son terrible bourreau est arrivé. Ce cri exprime la terreur absolue du désespoir ; même face à un chat, la souris ne crierait pas ainsi. Le chat est certes effrayant, mais tant que la souris peut se faufiler dans un petit trou, le chat ne peut rien faire, et les chances de fuite demeurent nombreuses. Seul ce terrible bourreau — le serpent — a un corps long et mince, d'à peu près le même diamètre que la souris ; partout où la souris peut aller, il peut aller aussi. La poursuite dure bien plus longtemps, et l'évasion est quasiment impossible. Quand la souris « compte ses sous », il n'y a probablement plus d'autre issue.

Une fois, j'entendis justement ce bruit de « comptage de sous » provenant d'une pièce vide. Je poussai la porte et entrai. Un serpent était lové sur une poutre transversale. Par terre gisait une souris cachée, du sang suintant de la commissure de ses lèvres, mais ses flancs se soulevant et s'abaissant encore. Je la pris et la mis dans une boîte en papier. Au bout d'une demi-journée, elle revint effectivement à la vie et put peu à peu manger, boire et se déplacer. Le lendemain, elle semblait complètement rétablie, et pourtant ne s'enfuyait pas. Posée par terre, elle courait constamment vers les gens et grimpait le long de leurs jambes jusqu'à la rotule. Posée sur la table à manger, elle picorait des restes de nourriture et léchait les bords des bols ; posée sur mon bureau, elle se promenait à loisir, et en voyant la pierre à encre, elle léchait l'encre fraîchement broyée. Cela me réjouit immensément. J'avais entendu mon père parler d'une créature en Chine appelée le singe à encre, de la taille d'un pouce seulement, au pelage entièrement noir de jais et luisant. Il dormait dans le porte-pinceaux, et dès qu'il entendait broyer de l'encre, il sautait dehors et attendait. Quand la personne avait fini d'écrire et rangé le pinceau, il léchait toute l'encre restante sur la pierre et sautait de nouveau dans le porte-pinceaux. Je désirais désespérément posséder un tel singe à encre mais ne pouvais en obtenir ; quand je demandais où l'on pouvait en trouver ou en acheter, personne ne savait. « Mince consolation vaut mieux que rien » — cette souris cachée pouvait assurément passer pour mon singe à encre, même si elle n'attendait pas nécessairement que j'aie fini d'écrire avant de lécher l'encre.

Je ne me rappelle plus exactement, mais cela dura environ un ou deux mois. Un jour, je me sentis soudain solitaire — véritablement ce qu'on appelle « comme si quelque chose manquait ». Ma souris cachée était toujours en vue, défilant sur la table ou par terre. Mais ce jour-là, je ne l'avais pas vue de toute la matinée. Tout le monde se mit à table pour le déjeuner, et toujours elle n'apparaissait pas ; d'ordinaire elle serait certainement venue. J'attendis encore, une autre demi-journée, mais pas la moindre trace d'elle.

Mama Chang — une servante qui avait toujours pris soin de moi — pensa peut-être que j'avais attendu trop douloureusement, et vint doucement me dire quelque chose. Aussitôt la rage et le chagrin m'envahirent, et je résolus de déclarer la guerre à tous les chats. Elle dit : la souris cachée avait été mangée par le chat la nuit dernière !

Quand j'ai perdu ce que j'aimais et que je sens le vide dans mon cœur, je le comble de pensées de vengeance !

Ma vengeance commença par le chat tigré gardé dans notre maison et s'étendit progressivement à tous les chats que je rencontrais. Au début je ne faisais que les poursuivre et les prendre en embuscade ; plus tard mes méthodes devinrent plus ingénieuses — je pouvais les atteindre à la tête d'une pierre lancée, ou les attirer dans une pièce vide et les battre jusqu'à ce qu'ils baissent la tête de découragement. Cette campagne dura assez longtemps, et après cela les chats semblèrent ne plus s'approcher de moi. Mais quel que fût le nombre de victoires que je remportais sur eux, je ne pouvais guère me qualifier de héros ; du reste, il n'y a probablement pas beaucoup de gens en Chine qui passent toute leur vie à combattre les chats, de sorte que toute stratégie et tous les récits de bataille peuvent aussi bien être omis.

Mais bien des jours plus tard — peut-être plus d'un semestre s'était-il écoulé — j'appris par hasard une nouvelle inattendue : la souris cachée n'avait en fait pas été tuée par le chat ; elle avait plutôt grimpé le long de la jambe de Mama Chang, et celle-ci l'avait écrasée d'un coup de pied.

C'était quelque chose que je n'avais certes pas prévu. Je ne me rappelle plus clairement ce que je ressentis alors, mais mes sentiments envers les chats ne se réconcilièrent jamais. Après mon installation à Pékin, parce qu'un chat avait blessé les petits lapins, les anciennes rancunes se combinèrent aux nouveaux griefs, et j'employai des mesures encore plus sévères. L'épithète d'« ennemi des chats » se répandit dès lors. Mais maintenant tout cela appartient déjà au passé. J'ai changé d'attitude et suis devenu assez civil envers les chats. En cas d'absolue nécessité, je me contente de les chasser et ne les blesse jamais, encore moins les tue. C'est là mon progrès de ces dernières années. Avec plus d'expérience, on finit par atteindre une grande illumination : les chats volent du poisson et de la viande, enlèvent des poussins et hurlent bruyamment au cœur de la nuit — neuf personnes sur dix les détestent naturellement, et cette détestation repose sur le chat. Si j'allais de l'avant chasser cette détestation en blessant ou tuant le chat, il deviendrait instantanément un objet de pitié, et la détestation se reporterait sur moi. Aussi, ma méthode actuelle est-elle la suivante : chaque fois que les chats causent du désordre et que quelqu'un exprime son agacement, je me poste sur le seuil et crie bien fort : « Pschhht ! Dehors ! » Après un bref calme, je retourne à mon cabinet de travail. De cette manière, je conserve à jamais mes lettres de noblesse de défenseur du foyer. En fait, c'est exactement ce que les troupes gouvernementales chinoises ont toujours pratiqué — elles ne sont jamais disposées à extirper complètement les bandits ou à écraser l'ennemi, car une fois qu'elles l'auraient fait, on cesserait de les estimer, et elles pourraient même être dissoutes pour avoir survécu à leur utilité. Je pense que si cette méthode pouvait être appliquée plus largement, je pourrais bien espérer devenir l'un de ces « aînés » que l'on dit « guider la jeunesse ». Mais pour l'instant je ne me suis pas encore résolu à la mettre en pratique, et j'étudie et délibère encore.

21 février 1926.