Hongloumeng/zh-fr/Chapter 114

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Hongloumeng 紅樓夢 — Récit 114

中文原文 (程甲本 1982) Traduction française (Li Tche-houa & J. Alézaïs, Pléiade/Gallimard 1981)

第一百十四回 王熙凤历幻返金陵 甄应嘉蒙恩还玉阙 却说宝玉、宝钗听说凤姐病的危急,赶忙起来,丫头秉烛伺候。正要出院,只见王夫人那边打发人来说:“琏二奶奶不好,还没有咽气,二爷、二奶奶且慢些过去罢。琏二奶奶的病有些古怪:从三更天起到四更时候没有住嘴,说了好些胡话,要船要轿,只说赶到金陵归入什么册子去。众人不懂,他只是哭哭喊喊。琏二爷没有法儿,只得去糊船轿,还没拿来。琏二奶奶喘着气等着呢。太太叫我们过来说,等琏二奶奶去了,再过去罢。” 宝玉道:“这也奇!他到金陵做什么去?”袭人轻轻的说道:“你不是那年做梦,我还记得说有多少册子,莫不琏二奶奶是到那里去罢?”宝玉听了,点头道:“是呀!可惜我都不记得那上头的话了。这么说起来,人都有个定数的了。但不知林妹妹又到那里去了?我如今被你一说,我有些懂的了。若再做这个梦时,我必细细的瞧一瞧,便有未卜先知的分儿了。”袭人道:“你这样的人,可是不可合你说话,我偶然提了一句,你就认起真来了吗?就算你能先知了,又有什么法儿?”宝玉道:“只怕不能先知;若是能了,我也犯不着为你们瞎操心了。” 两人正说着,宝钗走来,问道:“你们说什么?”宝玉恐他盘诘,只说:“我们谈论凤姐姐。”宝钗道:“人要死了,你们还只管议论他。旧年你还说我咒人,那个签不是应了么?”宝玉又想了一想,拍手道:“是的,是的。这么说起来,你倒能先知了。我索性问问你:你知道我将来怎么样?”宝钗笑道:“这是又胡闹起来了。我是就他求的签上的话混解的,你就认了真了。你和我们二嫂子成了一样的了:你失了玉,他去求妙玉扶乩,批出来众人不解,他背地里合我说妙玉怎么前知,怎么参禅悟道。如今他遭此大难,如何自己都不知道?这可是算得前知吗?就是我偶然说着了二奶奶的事情,其实知道他是怎么样了?只怕我连我自己也不知道呢。这些事情,原都是虚诞的,可是信得的么?” 宝玉道:“别提他了。你只说邢妹妹罢,自从我们这里连连的有事,把他这件事竟忘记了。你们家这么一件大事,怎么就草草的完了,也没请亲唤友的?”宝钗道:“你这话又是迂了。我们家的亲戚,只有咱们这里和王家最近:王家没了什么正经人了;咱们家遭了老太太的大事,所以也没请,就是琏二哥张罗了张罗。别的亲戚虽也有一两门子,你没过去,如何知道?算起来,我们这二嫂子的命和我差不多。好好的许了我二哥哥,我妈妈原想要体体面面的给二哥哥娶这房亲事的。一则为我哥哥在监里,二哥哥也不肯大办;二则为咱们家的事;三则为我二嫂子在大太太那边忒苦,又加着抄了家,大太太是一味的苛刻,他也实在难受:所以我和妈妈说了,便将将就就的娶了过去。我看二嫂子如今倒是安心乐意的孝敬我妈妈,比亲媳妇还强十倍呢;待二哥哥也是极尽妇道的;和香菱又甚好,二哥哥不在家,他两个和和气气的过日子。虽说是穷些,我妈妈近来倒安逸好些。就是想起我哥哥来,不免伤心。况且常打发人家里来要使用,多亏二哥哥在外头账头儿上讨来应付他。我听见说,城里的几处房子已经也典了,还剩了一所,如今打算着搬了去住。” 宝玉道:“为什么要搬?住在这里,你来去也便宜些;若搬远了,你去就要一天了。”宝钗道:“虽说是亲戚,到底各自的稳便些。那里有个一辈子住在亲戚家的呢?” 宝玉还要讲出不搬去的理,王夫人打发人来说:“琏二奶奶咽了气了,所有的人都过去了,请二爷、二奶奶就过去。”宝玉听了,也掌不住,跺脚要哭。宝钗虽也悲戚,恐宝玉伤心,便说:“有在这里哭的,不如到那边哭去。”于是两人一直到凤姐那里,只见好些人围着哭呢。宝钗走到跟前,见凤姐已经停床,便大放悲声。宝玉也拉着贾琏的手,大哭起来。贾琏也重新哭泣。平儿等因见无人劝解,只得含悲上来劝止了。众人都悲哀不止。贾琏此时手足无措,叫人传了赖大来,叫他办理丧事。自己回明了贾政,然后去行事。但是手头不济,诸事拮据。又想起凤姐素日的好处来,更加悲哭不已。又见巧姐哭的死去活来,越发伤心。哭到天明,即刻打发人去请他大舅子王仁过来。 那王仁自从王子腾死后,王子胜又是无能的人,任他胡为,已闹的六亲不和。今知妹子死了,只得赶着过来哭了一场。见这里诸事将就,心下便不舒服,说:“我妹妹在你家辛辛苦苦当了好几年家,也没有什么错处,你们家该认真的发送发送才是,怎么这时候诸事还没有齐备?”贾琏本与王仁不睦,见他说些混账话,知他不懂的什么,也不大理他。 王仁便叫了他外甥女儿巧姐过来说:“你娘在时,本来办事不周到,只知道一味的奉承老太太,把我们的人都不大看在眼里。外甥女儿,你也大了,看见我从来沾染过你们没有?如今你娘死了,诸事要听着舅舅的话。你母亲娘家的亲戚,就是我和你二舅太爷了。你父亲的为人,我也早知道了,只有敬重别人的:那年什么尤姨娘死了,我虽不在京,听见说花了好些银子。如今你娘死了,你父亲倒是这样的将就办去,你也不知道劝劝你父亲吗?”巧姐道:“我父亲巴不得要好看,只是如今比不得从前了。现在手里没钱,所以诸事省些是有的。”王仁道:“你的东西还少么?”巧姐儿道:“旧年抄去,何尝还有呢?”王仁道:“你也这样说。我听见老太太又给了好些东西,你该拿出来。”巧姐又不好说父亲用去,只推不知道。王仁便道:“哦!我知道了,不过是你要留着做嫁妆罢咧。”巧姐听了,不敢回言,只气得哽噎难鸣的哭起来了。 平儿生气,说道:“舅老爷,有话等我们二爷进来再说。姑娘这么点年纪,他懂的什么?”王仁道:“你们是巴不得二奶奶死了,你们就好为王了。我并不要什么,好看些,也是你们的脸面。”说着,赌气坐着。 巧姐满心的不舒服,心想:“我父亲并不是没情。我妈妈在时,舅舅不知拿了多少东西去,如今说得这样干净。”于是便不大瞧得起他舅舅了。岂知王仁心里想来,他妹妹不知积攒了多少:“虽说抄了家,那屋里的银子还怕少吗?必是怕我来缠他们,所以也帮着这么说。这小东西儿也是不中用的。”从此王仁也嫌了巧姐儿了。 贾琏并不知道,只忙着弄银钱使用。外头的大事叫赖大办了,里头也要用好些钱,一时实在不能张罗。平儿知他着急,便叫贾琏道:“二爷也别过于伤了自己的身子。”贾琏道:“什么身子!现在日用的钱都没有,这件事怎么办?偏有个糊涂行子又在这里蛮缠,你想有什么法儿?”平儿道:“二爷也不用着急,若说没钱使唤,我还有些东西,旧年幸亏没有抄在里头去,二爷要,就拿去当着使唤罢。”贾琏听了,心想:“难得这样。”便笑道:“这样更好,省得我各处张罗。等我银子弄到手了还你。”平儿道:“我的也是奶奶给的,什么还不还,只要这件事办的好看些就是了。” 贾琏心里倒着实感激他,便将平儿的东西拿了去,当钱使用。诸凡事情,便与平儿商量。秋桐看着,心里就有些不甘,每每口角里头便说:“平儿没有了奶奶,他要上去了。我是老爷的人,他怎么就越过我去了呢?”平儿也看出来了,只不理他。倒是贾琏一时明白,越发把秋桐嫌了,碰着有些烦恼,便拿着秋桐出气。邢夫人知道,反说贾琏不好。贾琏忍气,不提。 再说凤姐停了十馀天,送了殡。贾政守着老太太的孝,总在外书房。那时清客相公渐渐的都辞去了,只有个程日兴还在这里,时常陪着说说话儿。提起家运不好:“一连人口死了好些,大老爷合珍大爷又在外头,家计一天难似一天,外头东庄地亩也不知道怎么样,总不得了!”那程日兴道:“我在这里好些年,也知道府上的人,那一个不是肥己的?一年一年都往他家里拿,那自然府上是一年不够一年了;又添了大老爷、珍大爷那边两处的费用;外头又有些债务;前儿又破了好些财,要想衙门里缉贼追赃,那是难事。老世翁若要安顿家事,除非传那些管事的来,派一个心腹人,各处去清查清查:该去的去,该留的留;有了亏空,着在经手的身上赔补。这就有了数儿了。那一座大园子,人家是不敢买的。这里头的出息也不少,又不派人管了。几年老世翁不在家,这些人就弄神弄鬼儿的,闹的一个人不敢到园里,这都是家人的弊。此时把下人查一查,好的使着,不好的便撵了,这才是道理。” 贾政点头道:“先生,你有所不知。不必说下人,就是自己的侄儿也靠不住。若要我查起来,那能一一亲见亲知?况我又在服中,不能照管这些个。我素来又兼不大理家,有的没的,我还摸不着呢。”程日兴道:“老世翁最是仁德的人,若在别人家,这样的家计,就穷起来,十年五载还不怕,便向这些管家的要也就够了,我听见世翁的家人还有做知县的呢。”贾政道:“一个人若要使起家人们的钱来,便了不得了,只好自己俭省些。但是册子上的产业,若是实有还好,生怕有名无实了。”程日兴道:“老世翁所见极是,晚生为什么说要查查呢!”贾政道:“先生必有所闻。”程日兴道:“我虽知道些那些管事的神通,晚生也不敢言语的。”贾政听了,便知话里有因,便叹道:“我家祖父以来,都是仁厚的,从没有刻薄过下人。我看如今这些人一日不似一日了。在我手里行出主子样儿来,又叫人笑话。” 两人正说着,门上的进来回道:“江南甄老爷来了。”贾政便问道:“甄老爷进京为什么?”那人道:“奴才也打听过了,说是蒙圣恩起复了。”贾政道:“不用说了,快请罢。”那人出去,请了进来。 那甄老爷即是甄宝玉之父,名叫甄应嘉,表字友忠,也是金陵人氏,功勋之后。原与贾府有亲,素来走动的。因前年罣误革了职,动了家产。今遇主上眷念功臣,赐还世职,行取来京陛见。知道贾母新丧,特备祭礼,择日到寄灵的地方拜奠,所以先来拜望。 贾政有服,不能远接,在外书房门口等着。那位甄老爷一见,便悲喜交集。因在制中,不便行礼,遂拉着手,叙了些阔别思念的话。然后分宾主坐下,献了茶,彼此又将别后事情的话说了。贾政问道:“老亲翁几时陛见的?”甄应嘉道:“前日。”贾政道:“主上隆恩,必有温谕。”甄应嘉道:“主上的恩典,真是比天还高,下了好些旨意。”贾政道:“什么好旨意?”甄应嘉道:“近来越寇猖獗,海疆一带小民不安,派了安国公征剿贼寇。主上因我熟悉土疆,命我前往安抚,但是即日就要起身。昨日知老太太仙逝,谨备瓣香,至灵前拜奠,稍尽微忱。” 贾政即忙叩首拜谢,便说:“老亲翁即此一行,必是上慰圣心,下安黎庶。诚哉莫大之功,正在此行。但弟不克亲睹奇才,只好遥聆捷报。现在镇海统制是弟舍亲,会时务望青照。”甄应嘉道:“老亲翁与统制是什么亲戚?”贾政道:“弟那年在江西粮道任时,将小女许配与统制少君,结缡已经三载。因海口案内未清,继以海寇聚奸,所以音信不通。弟深念小女,俟老亲翁安抚事竣后,拜恳便中一视。弟即修字数行,烦尊纪带去,便感激不尽了。” 甄应嘉道:“儿女之情,人所不免。我正有奉托老亲翁的事:昨蒙圣恩召取来京,因小儿年幼,家下乏人,将贱眷全带来京。我因钦限迅速,昼夜先行,贱眷在后缓行,到京尚需时日。弟奉旨出京,不敢久留。将来贱眷到京,少不得要到尊府,定叫小犬叩见。如可教诲,遇有姻事可图之处,望乞留意为感。”贾政一一答应。那甄应嘉又说了几句话,就要起身,说:“明日在城外再见。”贾政见他事忙,谅难再坐,只得送出书房。 贾琏、宝玉早已伺候在那里代送,因贾政未叫,不敢擅入。甄应嘉出来,两人上去请安。应嘉一见宝玉,呆了一呆,心想:“这个怎么甚像我家宝玉?只是浑身缟素。”问道:“至亲久阔,爷们都不认得了。”贾政忙指贾琏道:“这是家兄名赦之子琏二侄儿。”又指着宝玉道:“这是第二小犬,名叫宝玉。”应嘉拍手道:“奇!我在家听见说老亲翁有个衔玉生的爱子,名叫宝玉,因与小儿同名,心中甚为罕异。后来想着这个也是常有的事,不在意了。岂知今日一见,不但面貌相同,且举止一般,这更奇了!”问起年纪,道:“比这里的哥儿略小一岁。”贾政便又提起承荐包勇,将问及“令郎哥儿与小儿同名”的话述了一遍。应嘉因属意宝玉,也不暇问及那包勇的好歹,只连连的称道:“真真罕异!”因又拉着宝玉的手,极致殷勤。又恐安国公起身甚速,急须预备长行,勉强分手徐行。贾琏、宝玉送出,一路又问了宝玉好些,然后才登车而去。那贾琏、宝玉回来见了贾政,便将应嘉问的话回了一遍。贾政命他二人散去。贾琏又去张罗,算明凤姐丧事的账目。 宝玉回到自己房中,告诉了宝钗,说是:“常提的甄宝玉,我想一见不能,今日倒先见了他父亲了。我还听得说,宝玉也不日要到京了,要求拜望我们老爷呢。他也说和我一模一样的,我只不信。若是他后儿到了咱们这里来,你们都去瞧瞧,看他果然和我像不像?”宝钗听了道:“嗳!你说话怎么越发没前后了?什么男人同你一样都说出来了,还叫我们瞧去呢!”宝玉听了,知是失言,脸上一红,连忙的还要解说。 不知何话,下回分解。 玉阙——指皇宫或朝廷。唐·太宗李世民《赋帘》诗:“参差垂玉阙,舒卷映兰宫。”​ 沾染——指在经济上沾光,占便宜。​ 温谕——对皇帝谕旨的敬称。意谓皇帝的谕旨是对臣下的关怀温恤。​ 越寇——指今浙江一带的盗贼。 越:春秋时越国之地,其国都会稽即今浙江绍兴。​ 瓣香——原指如同劈作瓜瓣形的沉香,多用于敬佛及尊者。这里泛指香,兼喻恭敬之意。​ 微忱——对自己心意的谦称。​ 尊纪——对他人之仆的尊称。 纪:“纪纲”的简称。即仆人。典出《左传·僖公二十四年》:“秦伯送卫于晋三千人,实纪纲之仆。”后即以“纪纲”代指仆人。​

Sa vie aboutissant au terme des mirages, L’esprit de Jeune Dame au Phénix triomphal fait son retour à la capitale du sud; Par insigne faveur du Maître gracié, Zhen dit Accord au Bien Revient franchir le seuil entre les deux donjons du Palais impérial.

Entendant donc clamer que Grande Sœur Phénix se trouvait en pressant danger, le frérot Jade et Grande Sœur Joyau se hâtèrent de se lever. Les soubrettes, munies de chandelles, s’apprêtèrent à les accompagner. Alors qu’ils se disposaient à quitter leur enclos, survint une commère dépêchée par la Seconde Dame Wang, et chargée de leur dire : « La Jeune Dame est au plus mal, mais son souffle n’est pas encore étouffe. Ne vous pressez pas tant de vous rendre chez elle ! Il y a, dans son état, quelque chose de bizarre et même d’étrange. De la troisième à la qua trième veille, elle n’a cessé de proférer un tas d’insanités, demandant tantôt un bateau, tantôt un palanquin, pour retourner en toute hâte à Jinling, et s’y classer défini tivement au rang qui lui est assigné dans les cahiers de certains dossiers. Personne ne comprenant rien à ces extravagances, elle ne fait plus que gémir et crier. À bout d’expédients, son Monsieur Deuxième-né Vase de Jade dut se résoudre à aller lui faire confectionner un bateau et un palanquin de papier collé1, qui n’ont pas encore été apportés. Elle les attend en haletant, déjà presque suffoquée. Aussi, notre Seconde Dame m’envoie- t-elle vous recommander d’attendre, pour vous présenter dans la chambre de la malade, qu’elle ait trépassé. — Voilà qui est singulier! s’écria le frérot Jade. Qu’a-t-elle besoin d’aller dans l’ancienne capitale du midi? — N’avez-vous pas, l’autre année, lui chuchota tout

doucement sa camériste Bouffée de Parfum, fait un rêve où il s’agissait disiez-vous, je m’en souviens encore, de la découverte, quelque part, d’un certain nombre de cahiers? Ne serait-ce pas là que la moribonde veut se rendre ? — Mais oui! répondit le frérot Jade en marquant son approbation de plusieurs signes de tête. Quel dommage que je ne me rappelle plus un mot de ce qui était écrit dans ces cahiers ! Il ne ressort pas moins de là que le destin de chaque être humain est, d’avance, déter miné. Mais j’en suis encore à me demander où s’en est allé l’esprit de ma sœurette Lin. Maintenant que tu me parles de ces cahiers, je commence à entrevoir pas mal de choses. S’il m’arrive de refaire ce rêve, je ne manque rai pas de tout lire et de tout examiner minutieusement. Ainsi pourrai-je connaître l’avenir, sans aucun recours aux otacles. — Vous êtes décidément tel qu’on ne devrait jamais rien vous dire ! reprit la camériste. C’est au hasard que je vous ai fait cette suggestion, et vous la prenez tout de suite au sérieux! Admettons que vous deveniez capable de prévoir l’avenir, qu’y pourriez-vous? — Mais c’est parce que je n’en suis pas capable que j’ai peur! répondit le frérot Jade. Si je le devenais, je n’aurais plus besoin d’avoir, pour vous toutes, tant de souci au fond du cœur ! » Tandis qu’ils devisaient de la sorte, Grande Sœur Joyau s’approcha et demanda : « De quoi donc parlez-vous? » Le frérot Jade craignit d’avoir à subir un véritable interrogatoire : « Nous épiloguons sur le cas de ma cousine Grande Sœur Phénix, répondit-il. — La voilà sur le point de mourir, reprit Grande Sœur Joyau, et vous vous mêlez encore d’épiloguer sur son cas ! Et toi qui, l’autre année, m’accusais de lui jeter de mauvais sorts en interprétant l’oracle qu’elle rappor tait d’un monastère! Les réponses ne s’en révèlent-elles pas exactes? — Mais oui ! Mais oui ! s’écria le frérot Jade après un instant de réflexion, en frappant des doigts de sa main droite la paume de sa main gauche. Alors toi, tu es donc capable de précognition? Eh bien, je vais tout

carrément te consulter : sais-tu ce qu’il doit advenir de moi, dans le futur? — Te voilà de nouveau en train d’extravaguer ! répondit en riant Grande Sœur Joyau. Je n’ai fait que tâcher d’élucider, encore bien confusément, les réponses imprimées sur le billet de bonne aventure de l’oracle que Grande Sœur Phénix était allée interroger. Et tu te mets à croire, de ma part, à des prédictions exactes ! Te voilà comme ma nouvelle belle-sœur, Brume de Montagne, qui, lorsque tu fis la perte de ton jade, alla prier la jeune abbesse Jade mystique d’interroger les esprits. Personne ne put comprendre la réponse tracée dans le sable du plateau, par la pointe fixée au dos de la planchette soutenue par les médiums et mue par l’esprit invoqué. Brume de Montagne n’en vint pas moins, à la dérobée, me vanter la prescience de la jeune abbesse, sa pratique de la méditation et sa conscience de la Voie. Or cette malheureuse abbesse vient d’être frappée d’un grand malheur. Comment se fait-il, s’agissant d’elle- même, qu’elle ne l’ait aucunement prévu? Peut-elle être tenue pour douée du pouvoir de précognition? Il m’est, par hasard, échu de deviner la véritable signification d’un oracle concernant notre cousine Grande Sœur Phénix; mais, en fait, que pouvais-je savoir de ce qui devait réellement arriver, alors qu’il y a toutes chances pour que mon propre avenir me soit inconnu? Ce ne sont là que vaines billevesées ! Comment pourrait-il y être ajouté foi? — N’en parlons donc plus, trancha le frérot Jade. Parle-moi plutôt de la cousine Brume de Montagne! Nous avons eu ici, coup sur coup, de tels ennuis, que son affaire personnelle s’est trouvée oubliée. Mais puis que c’était, pour ta famille, une célébration d’une si grande importance, comment se peut-il qu’elle ait été bâclée sans la moindre invitation aux parents et amis? — Voilà encore que tes propos s’égarent! répondit Grande Sœur Joyau. Ma famille d’origine n’a, pour proches parentes, que la nôtre et celle des Wang. Or, chez les Wang, il n’y a plus personne de bien sérieux; et, ici, nous sommes en grand deuil de notre très véné rable Douairière. C’est pourquoi, même chez nous, n’a été faite aucune invitation. Seul le cousin Vase de Jade fut appelé par ma mère à l’aider afin de recevoir des hôtes,

spontanément venus d’une ou deux autres familles de parents ou alliés. Comment pourrais-tu l’avoir su, puisque tu n’es pas allé, ce jour-là, chez ma mère? Tout bien compté, pour ce qui est de l’entrée en ménage, le sort de la Jeune Dame de mon cousin Deuxième-né ne diffère guère du mien. Elle lui était régulièrement pro mise, et maman avait primitivement l’intention de don ner très digne figure à la célébration de cette union. Mais, d’une part, mon frère aîné se trouvant encore en prison, mon cousin ne voulait aucun déploiement de grand apparat. D’autre part, nous avions ici, à la maison, principalement à nous soucier de nos propres affaires. Enfin la fiancée menait une existence trop amère chez notre Première Dame Xing qui, surtout depuis la confis cation des biens de sa résidence, la traitait avec une rigueur que la malheureuse avait réellement peine à supporter. C’est pour ces trois raisons que je suggérai à maman de la prendre enfin en ménage, rituellement, mais sans grand tralala. Or je constate que Brume de Montagne fait preuve, avec joie et la paix au cœur, de dix fois plus de révérence et de pieux dévouement à ma mère que ne lui en a jamais témoigné son ancienne bru ; qu’elle s’acquitte parfaitement de son rôle d’épouse, et qu’elle s’entend fort bien avec Parfum de Corniole. Quand mon cousin n’est pas à la maison, elles passent les jours ensemble en parfaite harmonie. De sorte que ma man, bien que matériellement assez gênée, jouit à pré sent, chez elle, de la paix, et s’y sent bien plus à l’aise qu’auparavant. Reste qu’elle ne peut s’empêcher de s’affliger lorsqu’elle pense à mon frère aîné, d’autant plus qu’il envoie fréquemment des serviteurs demander de l’argent pour sa subsistance en prison. Si ces fonds peuvent lui être procurés, c’est uniquement grâce à mon cousin, qui parvient à les tirer des biens de la famille, en ville. J’ai même appris qu’ainsi durent être hypothéquées plusieurs maisons nous appartenant. Il n’en reste de franche qu’une seule, où maman compte maintenant aller s’installer. — Pourquoi songe-t-elle à déménager? demanda le frérot Jade. Tant qu’elle habite un enclos du palais, les allées et venues sont, pour toi, d’une grande commo dité. Si elle va s’installer loin d’ici, il te faudra toute une journée pour te rendre chez elle.

— Si intimement apparentées que soient les deux familles, répondit Grande Sœur Joyau, il est au fond plus approprié, pour chacune d’entre elles, de mener séparément, de son côté, son propre train de vie. Où se trouve-t-il une maisonnée de bonne condition qui s’entête, pour toute la durée de son existence, à habiter chez des parents ? » Le frérot Jade s’apprêtait encore à exposer les raisons pour lesquelles, à son sens, la tante Xue ne devait pas aller se loger hors du Palais de la Gloire, quand survint une commère envoyée par la Seconde Dame Wang. « Madame la Jeune Dame de Monsieur le Deuxième- né Vase de Jade à Millet a trépassé! annonça-t-elle. Tous les autres membres de la famille sont déjà assem blés dans la chambre mortuaire. Veuillez, Jeune Mon sieur et Jeune Dame, vous y rendre immédiatement tous les deux. » A ces mots, le frérot Jade ne put se retenir de taper du pied et pensa éclater en sanglots. Mais Grande Sœur Joyau, bien qu’elle-même profondément affligée, crai gnit qu’il ne vînt à se faire trop de chagrin. « Plutôt qu’ici, lui dit-elle, mieux vaut aller nous lamenter là-bas ! » Sur quoi, ils gagnèrent tout droit la chambre de la défunte, qu’occupait une nombreuse compagnie en pleine désolation rituelle. Grande Sœur Joyau s’appro cha de la dépouille mortelle, constata qu’elle était correc tement couchée sur le lit funèbre et joignit aussitôt sa voix au concert de lamentations. Le frérot Jade laissa éclater les siennes à grands cris en serrant dans ses mains celles de Vase de Jade à Millet, qui ne manqua pas d’y faire dûment écho. Personne ne demeurant dispo nible pour dispenser apaisements et exhortations, la camériste Petite Quiète et ses compagnes durent répri mer leur propre affliction et s’employer à cette tâche de réconfort. Mais telle était, unanimement, la désolation, qu’aucune des personnes affectées n’était près d’y mettre sitôt fin. Personnellement désemparé au point de ne plus savoir, sur le coup, comment user de ses mains, au bout de ses bras, ni de ses pieds, au bout de ses jambes, le malheureux veuf, Vase de Jade à Millet, fit appeler l’in tendant Lai l’Aîné, et lui ordonna de prendre toutes les

dispositions nécessaires pour la conduite du deuil. Puis il alla annoncer le décès à son oncle le Politique et, finalement, décida de se mettre lui-même à la tâche. Seulement, voilà : mains impuissantes, faute de res sources ! Ce n’étaient, de toutes parts, qu’empêchements ou embarras ! Venant alors à se souvenir des précieuses qualités dont la défunte avait toujours fait preuve au cours de son existence, il sentit croître sa douleur et se reprit, de plus belle et sans répit, à se lamenter. Enten dant d’autre part sa fillette, la petite demoiselle Oppor tune, menaçer à maintes reprises, à force de san glots et de gémissements, de tomber en pâmoison, il éprouva si vivement, au fond du cœur, les atteintes d’un chagrin de plus en plus poignant, qu’il poursuivit tout au long de la nuit ses désolations. Dès le lever du jour, il envoya chercher le frère premier-né de la défunte, Wang l’Humanitaire. Or, depuis le trépas de son oncle Premier-né, Wang l’Exalté, ce dénommé l’Humanitaire, n’était plus soumis au con trôle que de son oncle Deuxième-né, Wang le Gagnant, qui, n’étant personnellement qu’un incapable, le laissait se conduire à son gré, fût-ce de la manière la plus louche. Ainsi s’étaient déjà produits, par sa faute, de tels désordres, qu’avaient éclaté des discordes entre pères et fils, aînés et cadets, époux et épouses ! Appre nant, ce matin-là, le décès, chez les Jia, de sa propre sœur puînée, il ne put mieux faire qu’aller précipitam ment s’acquitter envers elle d’une première série de lamentations. Mais, constatant alors que les dispositions prises en vue du deuil et des obsèques n’apparaissaient tout juste que passables, il se sentit aussitôt fort mé content et s’écria : « Ma malheureuse cadette s’est donné, pendant des années, tant de peine et de mal, à gérer sans tort ni faute vos affaires domestiques ! Vous devriez au moins, en toute justice, songer à honorer dignement sa dépouille mortelle ! Comment se fait-il que rien de ce qu’il faudrait à cette fin ne soit, à cette heure, encore prêt? » Vase de Jade ne s’était jamais trouvé en bien bonne intelligence avec ce beau-frère. Il estima grossièrement incongru le langage qu’il l’entendait tenir, jugea qu’un tel personnage n’était décidément à même de rien com prendre et affecta de ne plus prendre garde à lui. Du

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coup, le beau-frère Wang appela la petite demoiselle Opportune. « Le fait est, lui dit-il, que, de son vivant, ta mère ne sut jamais s’acquitter avec une parfaite équité de son office. Elle ne s’entendait et ne mettait tout son art qu’à flatter les goûts de l’auguste et maintenant défunte Douairière Jia. Quant à nous autres, les Wang, à peine avait-elle égard à notre existence. Mais toi, ma Nièce, te voilà déjà grande : m’as-tu jamais vu chercher, chez vous, à profiter par raccroc de vos avantages? Mainte nant que ta mère a trépassé, c’est moi qu’à sa place tu devras écouter en toute circonstance, puisque, de son côté tu n’as plus de parents que moi-même et ton véné rable grand-oncle Deuxième-né. Pour ce qui est de ton père et de ses comportements, il y a longtemps que je les connais ! C’est à d’autres que nous qu’il réserve révérence et considération. Lorsque vint à périr, l’autre année, une certaine sœur You qu’il avait prise pour concubine, je n’habitais pas la capitale, mais je n’en sus pas moins qu’il fit dépense, à cette occasion, d’une grande quantité d’argent. Quand ta mère, c’est-à-dire sa propre épouse en titre, vient à présent elle-même de mourir, c’est de cette façon, tout juste convenable, qu’il s’apprête à lui rendre les derniers devoirs, sans que tu t’avises personnellement de lui donner quelques bons conseils ? — Mon père ne demanderait qu’à faire, aux yeux des gens, figure belle à voir! protesta la fillette. Seulement, notre condition n’est plus du tout comparable à ce qu’elle était antérieurement. À cette heure, pas d’argent sous la main ! Aussi est-ce normal qu’il faille chercher à lésiner un peu. — Ne serais-tu donc, toi-même, en possession que de peu de choses? demanda le beau-frère Wang. — Que peut-il me rester de mes effets personnels? répondit la fillette. Ils ont été confisqués, l’an dernier, avec tous nos autres biens. — Ainsi, reprit le beau-frère Wang, telles sont les excuses auxquelles, toi aussi, tu t’attaches? J’ai appris qu’avant de mourir votre très vénérable Douairière vous fit don, à vous tous, d’une profusion d’objets de valeur. Tu devrais donc fournir les tiens ! » Ne jugeant guère séant d’avouer que son père en avait

déjà fait emploi, la fillette se borna à s’excuser de n’en pas savoir si long. «Oh! s’écria brusquement le beau-frère Wang, je comprends ! Tu tiens tout bonnement à les conserver pour en faire, plus tard, ton apport d’entrée en ménage ! » N’osant se permettre aucune réplique à ce genre d’insi nuation, mais prise d’une telle indignation que sa voix s’étranglait dans sa gorge, la fillette ne put qu’éclater en sanglots. « Vénérable Oncle ! protesta la camériste Petite Quiète, subitement irritée du grossier propos qu’elle venait d’entendre, si vous avez des choses à dire, attendez que vienne ici se présenter notre Monsieur le Deuxième-né pour lui en faire part ! Notre petite demoiselle est encore bien jeune! Qu’est-elle en état de comprendre? — Vous autres, les donzelles, clama le beau-frère Wang, vous ne demandiez qu’à voir trépasser votre Jeune Dame, dans l’espoir, pour chacune, de régner à sa place sur toute la maisonnée ! Quant à moi, je ne convoite ici absolument rien. Que le deuil y prenne un peu meil leure figure à voir, ce ne serait, pour votre face à tous, que plus d’honneur ! » Et, ce disant, il prit place sur un siège, couvant sa rage. La petite demoiselle se sentait envahie de malaise. « Mon père n’est aucunement incapable d’affection, pensa-t-elle à part soi. Quant à l’oncle Wang, il a beau se vanter si haut d’avoir les mains nettes et pures, qui pourrait dire de combien d’objets précieux il sut s’empa rer chez nous, du vivant de ma mère? » Ainsi commença-t-elle à n’éprouver pour lui que fort peu de considération. Encore était-elle loin de se douter des pensées qu’il nourrissait secrètement. Il se demandait quel pouvait être le montant des profits amassés par sa cadette. À vrai dire, il y avait eu confiscation des biens de la maisonnée. « Mais il doit quand même rester pas mal d’argent caché dans cette chambre, songeait-il. Aussi, les Jia ne manquent-ils sûrement pas de craindre que je ne vienne m’accrocher à eux, et c’est pour aider son père à se débarrasser de moi que cette petite pécore me tient le même langage que lui. Elle ne peut donc m’être d’aucune utilité. » Ainsi commença-t-il de la prendre en dégoût. Complètement ignorant de ces réactions, Vase de Jade à Millet n’avait hâte que de se procurer l’argent des dé

penses indispensables. Il chargea l’intendant Lai l’Aîné de s’occuper, au-dehors, des arrangements d’importance capitale. Mais, à la maison même, il y avait aussi bien des frais à couvrir, et il se trouvait dans l’incapacité absolue d’en prendre immédiatement soin. La camériste Petite Quiète comprit qu’il se faisait grand tourment. Elle l’appela à part, dans un coin, pour lui dire : « Gardez-vous au moins, Monsieur le Deuxième-né, de nuire trop gravement à votre propre santé ! — Qu’est-il question de la santé de quiconque? s’écria Vase de Jade. Nous n’avons même plus, à cette heure, de quoi subvenir aux besoins de la vie quotidienne ! Alors, comment faire pour nous acquitter de la célébration des rites funèbres ? Et voilà, par-dessus le marché, cet imbé cile de beau-frère qui vient ici s’attacher à nos trousses, comme un mendigot vagabond, et s’y conduire en sau vage ! Y a-t-il, à ton avis, quelque moyen de me tirer d’embarras? — Inutile de vous tourmenter à ce propos ! répondit la camériste. S’il ne s’agit que du manque d’argent pour vos dépenses, il me reste tout un lot d’effets personnels qui, par chance, ont échappé l’année dernière à la confisca tion. Si vous les voulez, vous n’avez qu’à les prendre, les mettre en gage et disposer du prêt selon vos besoins. » « Secours absolument inespéré! pensa Vase de Jade. Et qui, de la part de cette fille, témoigne d’un rare mé rite ! » Puis il dit : « Voilà qui va me mettre en bien meilleure position, et me dispenser momentanément de courir quémander de tous côtés, en ville ! Dès qu’il me viendra de l’argent en main, je te rendrai tes possessions. — Tout ce qu’il m’est arrivé de posséder me fut tou jours donné, de son vivant, par notre défunte Jeune Dame, répondit Petite Quiète. Ainsi, comment s’agirait-il pour vous de rien me rendre? Il suffit qu’aux yeux des gens la conduite du deuil et des obsèques prennent figure un peu plus belle à voir. » Sincèrement ému de gratitude, Vase de Jade fit aussi tôt mettre en gage le lot d’effets personnels de la camé riste, usa du prêt pour ses dépenses et, à partir de ce jour, commença de se concerter avec elle au sujet des affaires domestiques de la maisonnée. La concubine Sterculia

¿’Automne ne laissa pas de s’en apercevoir, ni d’en éprou ver une certaine amertume. « Depuis la perte de notre Jeune Dame, marmonnait- elle à tout propos, du coin des lèvres, Petite Quiète vise à s’élever, chez nous, à la place de la défunte. Or, moi, c’est par notre vénérable Monsieur Premier-né en per sonne que je fus introduite auprès de notre jeune maître ! Comment cette fille pourrait-elle, à présent, me passer par-dessus la tête? » Petite Quiète, de son côté, ne manqua pas de remar quer le dépit de cette femme, mais affecta de n’y prêter aucunement attention. Quant à Vase de Jade lui-même, il ne tarda pas à deviner net et clair les intentions de la jalouse, et ne fit que la prendre de plus en plus en aversion. Dès qu’il se heurtait à quelque nouvel ennui, c’était sur elle qu’il passait sa colère. La Première Dame Xing l apprit et lui donna tort. De sorte qu’il dut s’accommo ’ der de son courroux. N’en parlons donc plus. Revenons plutôt à la défunte Grande Sœur Phénix, dont la dépouille fut conduite au monastère, après être restée exposée dans la chambre mortuaire pendant plus de dix jours. Jia le Politique dut s’abstenir de participer au cortège. Il se maintint pieusement confiné dans son cabinet des appartements extérieurs, où le retenait le deuil de son auguste mère. À cette époque, des clients et conseillers intimes, naguère établis chez lui à demeure, ne restait plus que le fidèle sieur Cheng, nommé Joie du Jour, qui venait fréquemment lui tenir compagnie et converser avec lui. « Ma maison n’a pas de chance! dit ce jour-là Jia le Politique au conseiller Cheng. Coup sur coup s’y multi plient les trépas. Mon vénérable frère aîné et mon neveu Joyau de Jade demeurent l’un et l’autre relégués aux marches de l’Empire. Notre condition matérielle devient, ici, de jour en jour, plus difficile, et je ne sais même pas où nous en sommes avec nos terres et fermes des terroirs de l’est ! De toute façon, nous ne nous trouvons certes pas au bout de nos peines ! — Depuis tant d’années que je vis ici, chez vous, répon dit le conseiller Cheng, je sais qu’il n’est pas, dans ce palais, un seul de vos gens qui ne se soit fait et ne conti nue de se faire de la graisse à vos dépens. D’année en année, chacun emporte chez soi un peu plus de vos biens,

de sorte que, tout naturellement, d’année en année, s’ag grave votre déficit. D’autre part, à vos propres dépenses s’ajoutent celles des maisonnées de vos deux relégués. Or vous avez déjà pas mal de dettes en ville, et vous ve nez de subir, l’autre jour, le vol d’une grande quantité d’argent et d’objets précieux. Quant à compter sur les bureaux de la gendarmerie et de la police pour l’arresta tion des voleurs et la récupération du butin, cela me pa raît difficile ! Si vous souhaitez remettre en bon ordre les finances de votre maison, la seule voie à suivre est de convoquer devant vous l’ensemble de vos inten dants, et de charger, en leur présence, une personne en tièrement digne de votre confiance de procéder dans tous les services, au contrôle minutieux de l’actif et du passif; de vous débarrasser de tout ce qui n’est que charge sans profit, mais de conserver tout ce qui mérite de l’être, et d’exiger des responsables la compensation des pertes fictives et la restitution des ressources frauduleusement dissipées. Ainsi disposerez-vous de données numériques exactes. Votre parc est trop vaste pour qu’aucune famille envisage de l’acquérir. Mais on en peut tirer des revenus dont l’appoint ne serait nullement négligeable. Or l exploitation en est complètement abandonnée et, ’ pendant les quelques années qu’a duré votre absence, la clique des commères et la valetaille ont fait à son sujet un tel tapage d’histoires d’esprits, de démons et de fantômes, que personne n’ose plus s’y aventurer sans escorte ou compagnie. Ce sont toujours les abus de votre domesti cité qui se trouvent à l’origine de vos ennuis. Il serait donc à présent opportun, de bonne méthode et rationnel, de soumettre tous vos serviteurs à de rigoureuses investi gations, puis de continuer d’employer les bons et de congédier les mauvais. » Le Politique marqua de plusieurs signes de tête son approbation et répondit : « Il y a encore des choses, Vénérable Aîné, que vous ignorez. Mes serviteurs, inutile d’en parler, alors que je ne puis même m’appuyer en toute sécurité sur mon propre neveu ! Je devrais, pensez-vous, me livrer per sonnellement aux investigations. Mais comment me serait-il possible d’épier un par un tous mes gens, de mes propres yeux, et de tout découvrir ou apprendre par moi- même? Etant donné surtout que je me trouve en période

de grand deuil, ce qui ne me permet aucunement de prendre soin d’affaires de ce genre ! D’ailleurs, je ne me suis jamais beaucoup occupé du gouvernement de ma maison. Aussi ai-je beau tâtonner, je ne parviens pas en core à mettre exactement le doigt sur ce qui demeure en ma possession, ni à me souvenir de ce qui me manque ! — C’est, Vénérable Patron, que vous poussez à l’ex trême la vertu de bienveillance! répondit le conseiller Cheng. Dans toute autre maison de même condition ma térielle que la vôtre, et, comme la vôtre, subitement ap pauvrie, il n’y aurait rien à craindre pendant une période d’au moins cinq à dix ans. Il suffirait de demander stricte ment compte aux intendants de leurs détournements de fonds et biens de toutes sortes. J’ai appris, Vénérable Patron, que, parmi les descendants de vos domestiques, il y en a même un qui exerce actuellement les fonctions de sous-préfet ! — Pour un maître, s’écria le Politique, ce n’est pas à user de l’argent de ses domestiques qu’il convient d’abou tir ! Le mieux que je puisse faire est de restreindre un peu plus nos dépenses. Si les biens mentionnés dans les cahiers de comptes de nos intendants demeurent réellement en notre possession, ce sera toujours autant de bon! Mais je crains fort que n’en subsistent plus, en fait et dans ces cahiers, que de vaines dénominations ! — C’est avec une extrême justesse, Vénérable Patron, que vous vous avisez de ce point! répondit le client Cheng. À quel autre propos vous aurais-je conseillé tout à l’heure, moi, tard né, de vous livrer personnellement aux investigations opportunes? — Mais vous, Vénérable Aîné, vous devez sûrement avoir entendu dire bien des choses ? demanda le Politique. — J’ai quelque connaissance de la subtilité et de la pénétration de vos intendants, répondit le client Cheng. Mais ce n’est quand même pas à moi, tard né, que peut être permise la hardiesse d’en parler. » Le Politique comprit que, sous ce langage, se voilait la secrète raison qu’avait le client Cheng de le lui tenir. Aussi se borna-t-il à déclarer en soupirant : « Dans ma lignée, depuis mon auguste Aïeul, les sen timents de bienveillance et la générosité sont de tradi tion. Nos inférieurs n’ont jamais eu à pâtir de mauvais traitements. Or je constate à présent qu’ils ne font tous,

de jour en jour, que tourner de plus en plus mal. Mais, du fait qu’ils sont à cette heure sous mes ordres, si je me mettais brusquement à prendre les allures d’un maître intransigeant et à exercer avec rigueur toute mon autorité, je craindrais de prêter à rire ! » Ainsi se poursuivait cet entretien, quand survint un des laquais de service au pavillon d’entrée, qui annonça : « Voici qu’arrive le vénérable Monsieur Zhen des terroirs au sud du Grand Fleuve ! — Pour quelle raison regagne-t-il la capitale ? demanda le Politique. — Votre humble serviteur s’en est enquis, répondit le laquais. Il paraît qu’il est, par faveur de notre Saint Empereur, rétabli dans sa charge. — Inutile d’en dire plus long ! Va vite le prier d’en trer ! » ordonna le Politique. Ce que fit aussitôt le laquais. C’était ce vénérable Monsieur Zhen qui se trouvait, comme Jia le Politique, avoir pour fils un frérot nommé Jade magique. Son propre nom de génération était : « Accord au Bien » ; son nom social : « Ami de Loyauté ». Il était, comme les Jia, originaire de Jinling, et, comme eux, descendant d’Ancêtres de glorieux mérite. De longue date unies par alliance, les deux familles étaient toujours demeurées en commerce d’intimes relations. Antérieure ment compromis dans une affaire judiciaire, ce Monsieur Zhen avait été frappé de la peine de destitution, accom pagnée de totale confiscation de patrimoine. Or le Sou verain Maître, se souvenant avec attendrissement des éclatants services jadis rendus à l’État par les Ancêtres du coupable, venait de lui redonner, par décret, sa charge héréditaire et, par mandat spécial, de l’appeler à la Cour en audience particulière. Ayant appris en ville le trépas encore récent de l’Aïeule Jia, le vénérable Zhen s’était aussitôt pourvu de toute une fourniture d’of frandes et avait choisi un jour particulièrement pro pice aux célébrations de sacrifices pour aller, au monas tère où reposait la dépouille de l’auguste défunte, lui faire pieusement hommage de ses oblations. Aussi venait-il s’acquitter, au Palais de la Gloire, d’une visite préli minaire. Empêché par son deuil d’aller plus loin à la rencontre du visiteur, Jia le Politique l’attendit au seuil de son

cabinet. À sa vue, le vénérable Zhen fut pris à la fois de tristesse et de joie. Les salutations rituelles n’étant pas de mise en période de grand deuil, ce fut la main dans la main que Jia le Politique et le parent Zhen évo quèrent, dans leurs premiers propos, les regrets nourris au cours de leur longue séparation. Puis ils prirent cor rectement place sur des sièges et, après la présentation du thé, s’instruisirent mutuellement de ce qui leur était arrivé depuis leur dernière rencontre. « Quand vous êtes-vous présenté aux yeux de l’Empe reur, Vénérable Parent? demanda le Politique. — Avant-hier, répondit le parent Zhen. — Puisque notre Souverain Maître vous accorde une si grande faveur, reprit le Politique, c’est sûrement avec mansuétude qu’il vous a donné ses ordres ! — La mesure des bienfaits de notre Souverain Maître s’élève réellement plus haut que le ciel ! répondit le parent Zhen. Il m’a verbalement fait l’octroi de toute une série de décisions ! — Quelles sont donc ces excellentes instructions? demanda le Politique. — Depuis quelque temps, répondit le parent Zhen, dans les terroirs de l’ancien pays de Yue1, des hordes de bandits multiplient leurs ravages. Dans toute la zone des confins maritimes, le peuple ne peut plus vivre en paix. Le duc de la Quiétude de l’État est chargé de mener, contre ces bandes, une campagne d’extermination. Sa chant que j’ai de cette région une assez grande connais sance, notre Souverain Maître m’ordonne de m’y porter et d’y rétablir le calme et la sécurité. Seulement, voilà : je dois me mettre en route dès ces jours-ci et, comme je viens d’apprendre que votre très vénérable mère est partie prendre place au Paradis des Immortels, je me suis pieu sement pourvu de quelques grains d’encens, et me dispose à aller me prosterner devant sa dépouille et faire hom mage à son esprit des libations et offrandes rituelles, en humble témoignage de ma profonde vénération. » Le Politique s’empressa de s’agenouiller et battre du front le sol aux pieds du parent Zhen, en manière de remerciement. Puis il s’écria : « En menant cette campagne, Vénérable Parent, vous ne manquerez pas, au faîte de l’Empire, de tranquilliser le cœur de notre Saint Souverain et, à la base, de rendre

la paix au commun des populations ! En toute sincérité, j’estime qu’aucun mérite ne saurait surpasser celui qui vous en reviendra. Puisqu’il ne m’est pas permis d’assister, de mes propres yeux, au déploiement de vos talents excep tionnels, je ne pourrai mieux faire que de me tenir ici, dans l’attente, l’oreille tendue de loin au bruit de vos victoires. C’est présentement en la cité de la Domination de la Mer que réside le commandant en chef des garnisons du littoral et des îles voisines de la côte. Il m’est, par alliance, apparenté. S’il vous arrive de le rencontrer, per- mettez-moi d’espérer vivement que vous daignerez le considérer d’un œil particulièrement favorable. — À quel degré vous est-il allié? demanda le parent Zhen. — Alors que je me trouvais en charge du contrôle général des redevances en grain pour la province du Jiangxi, répondit le Politique, je fiançai, puis donnai pour épouse une de mes humbles filles au petit monsieur fils de ce commandant. Voilà déjà trois ans que fut nouée cette union. Aux affaires de contrebande des ports des confins maritimes, pas encore complètement liquidées, se sont ajoutés les troubles suscités par les incursions massives des hordes de pirates. De sorte qu’avec cette région, tout échange de messages par coursiers demeure pratiquement interrompu et que je ressens, au sujet de mon humble fille, bien du souci. Quand vous aurez mené à bonne fin votre tâche de pacification, Vénérable Parent, profitez, je vous en supplie à genoux, de la première occasion qui vous soit commode, pour aller jeter un coup d’œil de son côté. Je vais dès à présent écrire, à son adresse, un billet de quelques lignes, et prier un de vos dignes laquais de prendre la peine de l’emporter. Je vous saurai infiniment gré de le lui faire parvenir. — Aucun être humain ne peut se défendre, pour ses enfants, d’une profonde affection, répondit le parent Zhen. J’ai justement, de mon côté, un service du même ordre à vous demander. Par grande faveur de notre Saint Maître et par mandat spécial appelé à la Cour, voyant mon humble fils encore dans ses jeunes années, et ne disposant plus, pour veiller sur lui et sur la maison, que d’un personnel beaucoup trop réduit, je décidai d’amener avec moi, à la capitale, toute ma modeste fa mille. Mais l’appel de l’Empereur ne m’accordait qu’un

très bref délai; je dus prendre les devants et faire jour et nuit diligence, laissant derrière moi ma maisonnée che miner beaucoup plus lentement. De sotte qu’il lui faudra encore bien des journées de voyage avant d’atteindre la capitale. Or, l’ordre m’étant donné d’en partir au plus vite, je ne saurais me permettre de m’y attarder si long temps. Mais, dès l’arrivée en ville de mon humble fa mille, elle ne manquera sûrement pas de venir se pré senter en visite dans votre noble palais, et mon vil petit chien de fils sera certainement induit à vous y saluer à genoux en battant du front le sol. Si vous le jugez digne de bénéficier de vos enseignements et si vous vous avisez, en outre, d’une maison avec laquelle un projet d’hymen puisse être, pour lui, décemment envisagé, faites-moi, je vous en supplie, la grâce, dont je vous serai reconnais sant, de porter de ce côté une attention toute particu lière. » A quoi le Politique acquiesça point par point. Après avoir ajouté quelques mots, le parent Zhen manifesta l’intention de se retirer. « Nous nous reverrons demain, précisa-t-il, hors de l’enceinte de la cité, dans le sanctuaire funèbre de votre monastère. » Le sachant pressé par de multiples obligations, et comprenant qu’il ne lui était guère possible de demeurer plus longtemps assis à son côté, le Politique ne put que se résoudre à l’accompagner jusqu’au seuil de son cabinet. Là se tenaient depuis un bon moment son neveu Vase de Jade à Millet et le frérot Jade, prêts à reconduire le visiteur, à la place du visité, jusqu’au seuil du pavillon d’entrée. Le Politique ne les avait pas fait appeler; ils n’avaient donc pas osé prendre sur eux de pénétrer dans le cabinet. En voyant sortir le parent Zhen, ils s’en approchèrent tous deux à la fois, et s’acquit tèrent envers lui de la salutation accompagnée du vœu de quiétude. À la vue du frérot Jade, le parent Zhen demeura un instant comme frappé de stupeur. « Comment se peut-il, songea-t-il, qu’à part le vête ment de bure blanche dont il est couvert des pieds à la tête, ce jeune personnage ressemble si exactement à notre frérot Jade? » Puis il déclara sur un ton d’interrogation : « Bien que de très près apparenté à votre famille,

je m’en suis trouvé si longtemps séparé que je ne recon nais même plus ces petits messieurs ! — Celui-ci, s’empressa de répondre le Politique en le désignant du doigt, c’est mon neveu Deuxième-né Vase de Jade à Millet, fils de mon vénérable frère aîné Jia le Clément. Et celui-là, poursuivit-il en montrant le frérot Jade, c’est mon petit chien de fils Deuxième-né, nommé Jade magique ! — Étrange! s’écria le parent Zhen en frappant des doigts de sa main droite la paume de sa main gauche. Quand j’appris, à la maison, que vous aviez, Vénérable Parent, un fils bien-aimé venu au monde avec une amulette de jade dans la bouche, et, par suite, nommé Jade magique, j’en fus vivement surpris, car c’est aussi le nom de mon propre fils. Puis je me dis que de telles coïncidences sont, en somme, fréquentes, et je n’y son geai plus. Comment pouvais-je m’attendre à voir aujourd’hui votre fils ressembler aussi parfaitement au mien, non seulement de visage, mais également d’allure et de manières ? Rencontre encore plus singulière ! » Là-dessus, il demanda quel était l’âge du frérot Jade et déclara : « Le nôtre est d’un an plus jeune que le vôtre. » Le Politique s’avisa de parler de Bao le Brave, qu’il avait pris à son service sur la recommandation précisé ment du visiteur. Puis il en vint à poser des questions, et à épiloguer un bon moment au sujet de l’attribution du même nom de génération au fils du parent Zhen et au sien. Mais le parent Zhen n’avait, pour l’heure, en idée, que le frérot Jade. Sans songer un instant à s’enqué rir de la conduite bonne ou mauvaise de Bao le Brave, il ne cessait de répéter avec stupéfaction : « En vérité ! Quel prodige ! Quel miracle ! » Prenant enfin le frérot Jade par la main, il se mit pour lui en zèle d’extrême prévenance. Puis, craignant que le duc de la Quiétude de l’État ne vînt à précipiter son départ, et songeant qu’il devait lui-même se prépa rer, en toute hâte, à son long voyage, il se fit violence, lâcha la main du jeune garçon et commença de se retirer à pas lents, accompagné de Vase de Jade à Millet et du frérot Jade à qui il posa encore, tout en cheminant, de multiples questions, avant de monter dans sa voiture et de s’en aller.

Les deux cousins regagnèrent le cabinet du Politique et lui rapportèrent, tout au long, les questions que le parent Zhen venait de leur poser. Sur quoi, le Politique leur ordonna de se retirer chacun de son côté. Vase de Jade à Millet retourna prendre soin des affaires courantes, puis s’appliqua au calcul exact des dépenses à prévoir pour la conduite du deuil et des obsèques de sa défunte Jeune Dame. Quant au frérot Jade, il regagna ses propres apparte ments et se mit aussitôt à parler à Grande Sœur Joyau de ce qu’il venait de lui arriver. « Ce petit monsieur Zhen qui porte le même nom que moi et dont j’entends constamment parler, raconta-t-il, je voudrais bien le voir une bonne fois, mais cela ne m’a pas encore été possible. Or je viens aujourd’hui de faire, pour commencer, la rencontre de son père et d’appren dre que le fils doit incessamment atteindre à son tour la capitale; il ne manquera pas, aussitôt arrivé, de venir rendre visite à notre vénérable Monsieur. Le père va même jusqu’à prétendre que non seulement son fils porte le même nom que moi mais, en outre, qu’il me ressemble trait pour trait et en tout point, ce dont, pour ma part, je ne puis que douter. S’il vient vraiment un de ces jours chez nous, en visite, ne manquez pas d’aller toutes le considérer et voir s’il m’est effectivement à tel point semblable! — Oh! répondit en soupirant Grande Sœur Joyau, comment peux-tu, de plus en plus, te mettre à pérorer sans prendre garde, en commençant, à ce qui va suivre? Qu’un certain personnage, qu’un homme te ressemble, c’est à nous à présent que tu viens l’apprendre? Et c’est même à nous que tu recommandes d’aller toutes le considérer? » À ces mots, le frérot Jade comprit qu’il venait de commettre un écart de langage, et la rougeur de la honte lui vint au visage. Il voulut aussitôt entreprendre de se justifier.

Qui voudra savoir en quels termes n’a qu’à s’en re mettre aux explications du prochain récit.